Audi croit au Diesel et surtout au Diesel propre. Depuis 2012, le constructeur allemand produit son propre carburant, baptisé e-diesel à partir d’énergies renouvelables et d’eau ! Aujourd’hui cette technologie « power-to-liquid » va être deployée dans un nouveau site, à Laufenburg, en Suisse, pour produire 400 000 litres d’e-diesel par an grâce à l’énergie d’une centrale hydroélectrique.

En 2012, avec la start-up américaine Joule, Audi a commencé a produire ses premiers litres de diesel de synthèse à Hobbs au Nouveau Mexique en utilisant des micro-organismes (une bactérie génétiquement modifiée) et la lumière du soleil pour catalyser en hydrocarbures de l’eau saumâtre et du CO2. L’e-diesel ainsi produit est dépourvu de soufre et de composés aromatiques et permet d’alimenter les motorisations diesel de la marque sans modifications.

A Dresde, en 2014, le constructeur automobile s’est associé à Sunfire pour produire son e-diesel à partir d’eau, d’hydrogène et de CO2. La production de 4000 litres par an comporte plusieurs étapes : l’eau est d’abord chauffée pour obtenir une vapeur séparée en hydrogène et oxygène par électrolyse à 800° C. L’hydrogène réagit ensuite avec le CO2 dans des réacteurs de synthèse, toujours sous pression et à haute température et produit un liquide énergétique composé d’éléments hydrocarbonés. Ce Blue Crude (pour brut bleu) est alors raffiné afin d’obtenir l’e-diesel, incorporable avec du diesel fossile à n’importe quel ratio. Toute l’énergie nécessaire au processus provient de sources renouvelables, tandis que le CO2 est à la fois récupéré auprès d’une installation de biogaz et extrait directement de l’air ambiant.

A Laufenburg, le procédé est largement similaire. La raffinerie écologique qui va être construite en Suisse début 2018 profite en effet de l’énergie d’une centrale hydroélectrique sur le Rhin pour réaliser l’électrolyse de l’eau à haute température qui lui permet d’obtenir son e-diesel. En outre, certains des composés hydrocarbonés seront également transformés en cires utilisés dans les industries cosmétiques, alimentaires et chimiques voisines du site. Et la chaleur fatale sera réutilisée pour le réseau de chaleur local !

Les méthodes d’Audi inspirent les Français qui comptent aussi se lancer dans la production d’hydrogène et de biocarburant à partir d’électrolyses alimentées par des énergies renouvelables. Nous y reviendrons très prochainement…

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