Serre geothermique Fridheimar

Comment cultiver des légumes dans des champs de lave couverts de neige et balayés par des vents glacés ? Dans des serres chauffées et éclairées grâce à la géothermie. L’Islande produit ainsi ses tomates, ses concombres et mêmes des bananes avec une énergie 100% verte.

islande-geysir

En plein cœur du Cercle d’or, la région au sud de Reykjavik qui abrite les plus célèbres attractions touristiques d’Islande, des chutes de Gulfoss au Lagon Bleu, en passant par le parc national de Thingvellir et les geysers de Geysir, se cache un trésor réservé aux plus curieux : les serres géothermiques où sont produits la quasi totalité des légumes de l’ile-nation (il existe quelques serres au nord).

Hveragerði

Grâce aux sources d’eau chaudes volcaniques qui fournissent chaleur et électricité (vapeur et pression font tourner des turbines) les islandais produisent, toute l’année, tomates, poivrons et concombres, mais aussi des bananes, des fleurs, ou du cacao ! Si ces dernières productions exotiques sont plutôt le fruit des expériences menées dans les serres de l’école nationale d’agronomie de Hveragerði, les légumes se retrouvent eux bels et biens sur les étals des marchés.

Fridheimar serre geothermique

En Islande la culture sous serre associée à la géothermie remonte à 1924, à Reykir où, dans la toute première serre de ce genre, furent produits fleurs, légumes et même, en 1932, des raisins dont la première récolte d’une quarantaine de kilos, fut vendue aux enchères. En 1950, le pays comptait une quarantaine de producteurs repartis sur moins de 7 hectares. En 2010, le pays dénombrait 93 propriétaires de serres, couvrant 18,5 hectares de cultures.

Restaurant serre geothermique

On peut même déjeuner dans les serres chauffées de Friðheimar, fondées en 1946. Siroter une soupe de tomates tout en les regardant murir, c’est le comble du circuit court. D’autant qu’elles sont délicieuses et réconcilient avec la culture sous serre. Le climat islandais est fatal aux insectes : du coup nos tomates se passent totalement de pesticides. Des bourdons, importés des Pays-Bas, assurent la pollinisation. Chaleur volcanique et éclairage artificiel se chargent du reste. Et c’est loin d’être anecdotique. La seule production des 5000 m2 de serres de Friðheimar (300 tonnes par an) représente 18% du marché islandais de la tomate !

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