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Transformer les plastiques en hydrogène : voilà le nouveau défi de Race for Water, le catamaran autrefois connu sous le nom de Planet Solar.
Le navire solaire, pourvu d’un kite de traction et de piles à hydrogène s’efforce de promouvoir un procédé permettant de transformer en gaz les déchets plastiques qui polluent les océans. Départ le 9 avril 2017.

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Gérard d’Aboville sera une nouvelle fois de l’aventure. « Je troque ma casquette de capitaine contre celle de pilote d’essai » plaisante le marin et pionnier des énergies renouvelables, qui a déjà, entre autres exploits, réalisé un tour du monde à propulsion électro-solaire et s’apprête à renouveler l’aventure en disposant cette fois, en plus des 500 m2 de panneaux solaires d’un Planet Solar réaménagé et rebaptisé Race for Water, de piles à hydrogène et d’un kite de traction.

Race for Water SCHEMA

« L’ensemble des technologies dont dispose le bateau sont déjà disponibles pour le grand public », précise Franklin Servan-Schreiber porte-parole et membre du conseil stratégique de Race for Water. Si côté solaire, rien n’a changé (les panneaux sont ceux du Planet Solar), le bateau dispose désormais de ressources énergétiques supplémentaires.

Race for water Hydrogen

«L’Hydrogène multiplie l’autonomie énergétique du bateau. Avec ses panneaux et ses batteries celle-ci est de 48 heures. La production et le stockage d’hydrogène la porte à 6 ou 8 jours », explique Alexande Closset, Président de Swiss Hydrogen, la société qui est en train d’équiper le bateau d’un système lui permettant de désaliniser l’eau de mer pour produire par électrolyse de l’hydrogène permettant, via une pile à combustible, de générer de l’électricité. Une solution qui permet de stocker l’excédent de l’énergie produite par les panneaux photovoltaïques, par exemple quand le bateau est à quai. Le dispositif comprend 25 bouteilles d’hydrogènes à 350 bars, 2 piles à combustibles de 30 kW chacune (une pile suffit pour propulser le bateau à sa vitesse moyenne de 5 nœuds), 2 électrolyseurs de 5 kW (ce qui correspond à l’énergie produite en une journée par les panneaux).

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Enfin, le bateau dispose aussi du fameux cerf-volant développé par SkySails dont nous vous avions parlé ici il y a quelques années. Ce kite de traction de 40 m2 suffit pour propulser le Race for Water à une allure de 6 nœuds ! Réalisé spécialement pour le bateau solaire, le dispositif va être commercialisé courant 2017 et pourra équiper tous types de yacht, du mastodonte aux petits 15 mètres. Stephan Wrage, l’ingénieur qui dirige la société allemande qui donne des ailes aux portes-containers, compte désormais équiper tous types de navire avec sa technologie, qui pourrait un jour, se substituer aux éoliennes pour produire du courant… Mais pour l’heure, elle est installée sur Race for Water qui s’apprête à quitter Lorient le 9 avril 2017 pour une odyssée autour du monde de 5 ans !

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Le but de cette Odysée qui accueillera aussi des expéditions scientifiques : communiquer sur la pollution des océans par les plastiques et donner les moyens d’y remédier. «Ramasser les plastiques en mer est totalement irréaliste. Il vaut mieux couper le robinet », assène Gérard d’Aboville. Et pour couper le robinet, la Fondation Race for Water a une idée : donner une valeur économique aux déchets de plastiques, pour qu’ils soient ramassés et valorisés au lieu de finir dans les océans. Ainsi, en partenariat avec Etia, une société française qui maitrise parfaitement les procédés de torréfication, de pyrolise et de gazéification, la Fondation Race for Water est en train de faire réaliser un prototype capable de transformer tous les déchets plastiques en hydrogène et en méthane. Ce prototype à l’échelle 1, qui verra le jour en octobre 2017, aura la forme d’un containeur et est déstiné prioritairement aux iles et aux villes cotières qui pourront ainsi transformer une pollution en source d’énergie, un déchet en ressource.

Nous aurons l’occasion de revenir sur cette formidable aventure. Race for Water Odyssey combine à la fois un démonstrateur du mix énergétique (la combinaison soleil, vent et hydrogène peut être déployée à terre) et la solution pour préserver nos mers, sans lesquelles il n’y a pas de vie possible. Une odyssée technologique et humaine qui nous prépare un monde meilleur !

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