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Vous connaissez l’institut allemand Fraunhofer ? Cet organisme de recherche appliquée regroupe près de 70 centres de recherches spécialisés répartis dans toute l’Allemagne. On lui doit notamment l’algorithme de compression de la musique MP3. Mais sa toute dernière innovation, baptisée StEnSea, concerne le stockage de l’énergie.

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Au bord du lac de Constance, les ingénieurs du Fraunhofer Institute for Wind Energy and Energy System Technology s’affairent autour d’une grosse boule de béton. Ils s’efforcent de démontrer qu’on peut stocker l’énergie intermittente produite par des éoliennes marines (ou des centrales solaires flottantes, voire des hydroliennes) dans des sphères en béton immergées au fond de l’eau. Baptisé StEnSea, le procédé repose sur le principe du transfert d’énergie par pompage (que nous avons déjà décrit ici): l’énergie produite sert à stocker de l’eau en amont, et il suffit de libérer celle-ci pour générer, grâce à la gravité et une turbine, de l’électricité à la demande. Dans le lac de Constance comme en mer, l’amont est remplacé par un ballast. Les sphères sont creuses : l’électricité produite par l’éolienne sert à pomper l’eau hors de la sphère immergée. Quand on veut du courant, on ouvre une vanne : l’eau s’engouffre dans la sphère en faisant tourner une turbine.

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Les tests menés sur le lac de Constance en novembre 2016 reposent sur un protype à l’échelle 1:10, une sphère en béton de 3 mètres de diamètre, immergée par 100 mètres de fond. Mais pour un fonctionnement optimal, les allemands du Fraunhofer IWES estiment qu’il faudrait une sphère de 30 mètres de diamètre qui pourrait stocker, à 700 mètres de profondeur, environ 20 MWh. Ils lorgnent déjà vers la Norvège, les Etats-Unis, le Japon… Matthias Puchta, le responsable du programme StEnSea évalue le potentiel mondial d’énergie stockable via sa technologie à 817 terawatt heures !

Et comme les bonnes idées apparaissent parfois au même moment en des lieux différents, MGH, une start up française fondée par Jean-Michel Germa à qui on doit déjà la Compagnie du Vent, propose un système similaire reposant cette fois sur le va-et-vient des ballasts. Affaire à suivre !

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