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Sous le titre « une énergie propre pour tous les Européens », la Commission Européenne a présenté, fin novembre 2016, un paquet de mesures sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Parmi les propositions de ce paquet législatif « énergie propre » le meilleur côtoie le pire.
Ainsi la directive fixe comme objectif que la part de l’électricité d’origine renouvelable, dans la consommation finale d’électricité au niveau européen, s’élève à 27 % en 2030. Mais, paradoxalement, cette même directive propose de diviser par deux le taux d’incorporation de biocarburant. Celui-ci passerait, si la directive était adoptée en l’état, à 3,8% en 2030, alors qu’il est aujourd’hui de 7% en France.

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En s’attaquant aux biocarburants, la Commission Européenne renforce notre dépendance aux énergies fossiles importées mais met aussi en péril notre agriculture comme l’explique Gérard Tubéry, président de la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP) : «Sur une vaste diagonale qui traverse le pays d’Est en Ouest, du Poitou-Charentes à la Moselle, tout un modèle de culture repose sur la rotation blé/orge/colza. Diviser par deux le taux d’incorporation du biodiesel, c’est détruire la culture du colza en la privant de débouchés. C’est un drame à venir pour les producteurs, mais aussi pour les éleveurs qui seront privés de tourteau de colza pour nourrir leur bétail ».

De fait, grâce à la filière française du biodiesel, l’autosuffisance de la France en matière de protéines végétales est passée de 25 % dans les années 1980 à plus de 50 % aujourd’hui. Le projet de la Commission impliquerait un recul des surfaces de colza cultivées en France, favorisant ainsi le retour à l’importation de protéines végétales, le plus souvent du soja OGM, au détriment des agriculteurs français producteurs de colza.
D’un point de vue économique la proposition de la commission est aussi incongrue : la filière biocarburants représente aujourd’hui en France 20 000 emplois, dont plus de 80 % en milieu rural, et au moins 10 usines réparties sur l’ensemble du territoire national. La filière française du biodiesel permet une économie annuelle d’importation de diesel fossile et de tourteaux pour l’alimentation animale d’1,5 milliard d’euros.

Enfin d’un point de vue environnemental, 3,2% de Diester issu du colza en moins, c’est autant de Diesel en plus dans nos réservoirs. Une aberration quand on sait que le biodiesel qui se substitue aux carburants fossiles représente une baisse de 40 à 60% des émissions gaz à effet de serre. Et que ces productions locales, de biocarburants comme d’huile végétale ou de tourteaux pour l’alimentation animale évitent des importations et leurs émissions de carbone associées.
« Nous sommes déterminés à faire entendre notre voix à Bruxelles, déclare Gérard Tubéry. Il faut que la Commission comprenne l’importance de la filière des biocarburants pour les agriculteurs et les éleveurs. Et son intérêt pour le climat ».

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