En atterrissant à Séville, le 23 juin 2016 après trois jours de traversée de l’Atlantique, l’avion Solar Impulse 2 bouclait quasiment son tour de monde à la seule énergie solaire amorcé en mars 2015. En attendant la prochaine et dernière étape, retour sur un exploit sans précédent.

TDM SOLAR IMPULSE

En 2009, nous avions été parmi les premiers à vous parler du rêve fou de deux suisses : le médecin-explorateur Bertrand Piccard et l’ingénieur-pilote André Borschberg. Sept années plus tard, ce rêve s’est réalisé au-delà de toutes espérances. Après un premier vol de nuit en 2010, leur prototype d’avion solaire a conquis les cieux européens, puis marocains et s’est offert, en 2013, la traversée des Etats-Unis. L’année suivante un second prototype voyait le jour : Solar Impulse 2 (Si2), destiné à accomplir le tour du monde.

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Le 9 mars 2015, Solar Impulse 2 s’élançait d’Abu Dhabi à Muscat. Après ce premier vol sans encombre, l’avion repartait dès le lendemain, survolant la mer d’Arabie pour atterrir en Inde. Ahmedabad, Vârânasî, Mandalay, Chongoing, Nanjing, Nagoya : l’avion solaire parcourt l’Asie avant de s’élancer, le 29 juin 2015 à l’assaut du Pacifique, du Japon à Hawaï. Le vol dure cinq jours et cinq nuits (environ 118 heures) et malmène sérieusement les batteries. L’équipe décide d’en profiter pour une longue pause de maintenance et une série de tests supplémentaires.

L’avion redécolle le 21 avril 2016. Les équipes ont bichonné le Solar Impulse 2 dans son hangar gonflable qui le suit partout. D’une envergure de 72 mètres, légèrement supérieure à celle d’un Boeing 747, l’avion suisse est unique en son genre : ses 17 000 cellules photovoltaïques ont l’épaisseur d’un cheveu (135 microns), sa structure est faite de fibres de carbone de 25g/m2, et ses moteurs affichent une performance énergétique de 94% !

Entre Hawaï et le continent américain, Bertrand Piccard, qui alterne aux commandes du monoplace avec André Borschberg, s’entretient avec le secrétaire générale des Nations Unies pour s’associer à la COP21 qui se déroule alors à Paris. C’est encore du cockpit du Si2 que les pilotes annoncent leur intention de fonder un Comité international des technologies propres.

Car s’il n’est pas destiné à un usage commercial, l’avion helvète se veut l’ambassadeur du changement. Son mot d’ordre « The future is clean » (qui rappelle notre « Faites le plein d’avenir ») rallie les soutiens de personnalités telles que le prince Albert de Monaco, Richard Branson ou encore Kofi Annan.

Sa traversée des Etats-Unis l’amène à New York d’où il s’élance le 20 juin 2016 pour franchir l’Atlantique, renouvelant, sans le moindre carburant, l’exploit de Charles Lindbergh. En 71 heures et 8 minutes, à une vitesse moyenne de 95,10 km/h, Si2 parcourt 6 765 km et réalise le premier vol transatlantique électrique, solaire et zéro émission.

Il ne lui reste désormais plus qu’une étape à franchir pour boucler son tour du monde : rejoindre son point de départ d’Abou-Dhabi (après une escale en Egypte). Pour suivre cet exploit, rendez-vous vite sur son site : www.solarimpulse.com . Le prochain décollage est imminent !

Visuels et photos : © Solar Impulse (cliquez sur son nom pour en savoir plus sur les magnifiques images de Jean Revillard)

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