HIKARI COUV

Réalisé par l’architecte japonais Kengo Kuma, les groupes Bouygues immobilier et Toshiba et la société d’ingéniérie Setec bâtiment, Hikari est un îlot urbain combinant des logements, des bureaux et des commerces au cœur du nouveau quartier Lyon Confluence.

HIKARI - DH (18)

Inaugurée le 17 septembre 2015, cette réalisation est exemplaire à plus d’un titre. Evidemment parce qu’elle produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme, notamment grâce à ses panneaux photovoltaïques en toiture et en façade, mais surtout parce qu’elle combine de manière inédite plusieurs productions d’énergies renouvelables, les pilote avec finesse et réussit même à les stocker !

« Hikari a été conçu comme un projet pilote, aux performances exceptionnelles. L’enveloppe des bâtiments, leur orientation, leur isolation, la répartition des usages : tout a été étudié pour réduire les besoins au maximum. Nous avons aussi élaboré un système de pilotage extrêmement précis, guidé par de multiples capteurs et capable des réagir à tous les scénarii. L’idée est simple : apporter l’énergie là où il faut, quand il le faut, et seulement quand il le faut », résume Dawid Hillien, ingénieur spécialiste des systèmes de climatisation, ventilation et chauffage chez Setec bâtiment.

HIKARI - DH (1)

Une des idées maîtresses de la conception d’Hikari, dont le nom signifie « lumière » en japonais, a été de jouer des transferts d’énergie entre les usages, faire en sorte que les besoins se répondent.
Ainsi la majeure partie de l’énergie du bâtiment est issue d’une centrale à cogénération à base d’huile végétale de colza provenant de la région Rhône-Alpes. Celle-ci, tout en produisant de l’électricité, couvre 90% des besoins en chaleur du site (une chaudière gaz assure le complément).

HIKARI - DH - 20 Mai 2015 (7)

La chaleur est stockée, sous forme d’eau à haute température (autour de 80°) dans 7 ballons de 4m3. Un système de stockage par batteries permet également de répondre aux pannes d’alimentation ou aux pics de consommation. Si la majeure partie de l’électricité produite est revendue, et donc réinjectée dans le réseau, une partie sert aussi, en autoconsommation, notamment pour, cercle vertueux oblige, alimenter la cogénération.

SCHEMA HIKARI

Pour la production du froid, la chaudière à colza est aussi mise à contribution : à l’instar des système de climatisation solaire, sa chaleur alimente un groupe à absorption (associé à un stockage d’eau glacée : nous y reviendrons). 80 % des besoins en froid sont donc également couverts par l’huile végétale (le restant étant produit par un compresseur à sustentation magnétique, dont le dry adiabatique est humidifié à l’eau de pluie).

La géothermie est aussi de la partie : elle sert à refroidir, avant réinjection dans la nappe, l’eau tiède en sortie du groupe à absorption, une eau à 30° qui doit être portée à 25° avant d’être renvoyé dans l’aquifère. Un rejet qu’impose le mode de production d’eau chaude sanitaire lui aussi innovant : puisqu’il repose sur un système de récupération des calories des eaux grises (système individuel pour les 4 villas, collectifs pour les appartements). « L’eau que nous récupérons est déjà à 40°C, l’eau à 30°C ne nous est donc d’aucune utilité, d’où un rejet dans l’aquifère » précise Dawid.

HIKARI - DH (16)

Revenons à notre stockage d’eau glacé… Pour conserver le froid les ingénieurs de Setec ont mis au point un système unique au monde qui repose sur les changements de phase de la paraffine. « Nous sommes allé chercher un produit développé par une société de pétrochimie japonaise : un mélange de paraffine et de pétrole capable de changer de phase, de passer de l’état solide à l’état liquide entre 5°C et 10°C. Nous avons rempli des containers de ces bâtonnets et y faisons simplement circuler de l’eau. Le gel est liquide au-dessus de 8°C, solide en-dessous. Ce système de stockage d’eau glacé à température de changement de phase positive est tellement unique que nous ne lui avons pas encore trouvé de nom ! », raconte Dawid Hillien.

GEL

L’ensemble des innovations réalisés à l’échelle de l’îlot Hikari, soit trois immeubles représentant 12 800m2 comprenant 36 logements, 4 villas, 7500 m2 de bureaux et 1000 m2 de commerces en rez-de-chaussée préfigure l’urbanisme de demain. Devant une telle réalisation, et une telle maîtrise de l’énergie et de son stockage, on se prend facilement à imaginer une ville toute entière. Un jour peut-être…

Crédits photos : © Dawid Hillien

Posts similaires:

Be Sociable, Share!