Nidoleres vigne

Quelle est la meilleure utilisation pour un hectare de terre ? La production d’énergie ou la production de nourriture ?
La question des conflits d’usages ressurgit chaque fois qu’il est question de biocarburant, d’implantation de fermes solaires ou de champs d’éoliennes.
Mais ce débat risque de trouver bientôt sa conclusion.

Sun’R, spécialiste français du photovoltaïque, a développé une solution qui permet la symbiose entre l’agriculture et le photovoltaïque. Conduit depuis 2009 en partenariat avec l’INRA, ce programme de recherche agrivoltaïque fait plus que concilier deux intérêts apparemment contradictoires : pilotés avec finesse, les panneaux solaires orientables sont bénéfiques aux plantes cultivées. Et les terres cultivables peuvent générer, en sus, de l’électricité. Une synergie exemplaire !

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« Le pilotage des panneaux obéit à des règles particulières : tantôt l’on va laisser passer le soleil pour favoriser la photosynthèse, tantôt on va obturer le soleil et protéger la plante. Les tests que nous avons menés sur notre site expérimental de Montpellier sur toutes sortes de plantes, blé, céréales, salades, tomates, radis, haricots… démontrent un impact positif sur la production agricole, quantitativement mais aussi qualitativement, en limitant, grâce à l’ombre, le stress des végétaux » résume Antoine Nogier, président de Sun’R. «En fait sur les salades, haricots, et autres légumes on montre qu’on peut augmenter significativement la production (de l’ordre de 10%) ; pour la vigne l’effet recherché est avant tout qualitatif (sur les grappes, les taux de sucres et d’acides) » précise-t-il.

Après l’agrivoltaïque, place au vitivoltaïque. Sun’R, en partenariat avec l’INRA et la Chambre de d’agriculture des Pyrénées Orientales va tester son dispositif, d’ici fin 2016, sur 7,5 hectares de vignes au domaine de Nidolères, dans le Roussillon, comme l’illustre grossièrement le photomontage ci-dessous.

Nidoleres panneaux

« Sur notre terroir méditerranéen, les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir, explique Pierre Escudié, viticulteur propriétaire du domaine de Nidolères. La vigne arrive à maturité en trois semaines au lieu de deux mois et est menacée par les fortes chaleurs et les coups de soleil. L’ombre apportée par les panneaux photovoltaïques, qui seront orientés prioritairement en fonction des besoins de la vigne et non pour la production électrique, va permettre au raisin de murir plus lentement, ce qui aboutira à un vin plus structuré, avec plus d’arôme et de consistance ».

Schema Sun Agri

Le vigneron envisage de planter des cépages blancs en AOP et IGP du Roussillon. Sur la même parcelle, 2 à 3 hectares, dépourvus de panneaux solaires, serviront de vigne témoin. « Nous pourrons ainsi, au-delà de la vigne elle-même, comparer le vin produit avec nos panneaux solaires avec un vin produit sans eux » se réjouit à l’avance Antoine Nogier…

Les panneaux protégeront la vigne des brûlures du soleil mais aussi des intempéries, vent ou grêle. En outre, en limitant l’évapo-transpiration des plantes, ils permettront d’économiser près de 30% de la consommation d’eau. Ce dernier point permet d’imaginer d’importants débouchés pour ce procédé dans les zones arides qui bénéficient d’un fort ensoleillement !

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L’installation des panneaux photovoltaïques orientables dans les vignes de Pierre Escudié va constituer une première mondiale. Si l’expérience s’avère concluante, Sun’R aura relevé simultanément les deux défis majeurs du siècle : nourrir la planète et produire massivement une énergie renouvelable.
Chapeau bas !

Crédits photos : domaine de Nidolères et Sun’R

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