AEROFLEET_0000_Calque 0 copie

Spécialisée dans les matériaux composites, Aerofleet est une société installée des deux côtés de la frontière franco-belge, avec un pied en Wallonie, à Liège et l’autre en Champagne-Ardenne, à Givet.

Cette PME familiale a mobilisé son savoir-faire et son expertise (elle réalise notamment des pièces pour Airbus) pour construire un catamaran hauturier de 48 pieds qui se passe totalement d’énergies fossiles. «Le but est simple, utiliser une combinaison d’énergies renouvelables pour pouvoir naviguer partout, par tous les temps, en totale autonomie », résume Raphaël van Vlodorp, administrateur d’Aerofleet. Ainsi, le navire est doté d’un toit solaire de 30 m2 comptant 47 panneaux photovoltaïques de 120 watts, de deux hydrogénérateurs de 500 watts et d’une éolienne de 500 watts.
Et bien sûr d’un mat de 20 mètres pouvant accueillir jusqu’à 130 m2 de voiles d’avant : « la boite à vitesse du navire », plaisante Raphaël van Vlodorp.

AEROFLEET

Pour résoudre le problème du poids des batteries nécessaires au stockage de l’énergie, Aerofleet a conçu, grâce aux matériaux composites (fibre de verre, de carbone et de kevlar et résine d’époxy sous vide) un bateau extrêmement léger : poids total, avec les batteries : 8 tonnes pour 48 pieds !
Les premiers tests ont eu lieu, sans mât, dans la Meuse : malgré un temps couvert, les panneaux solaires ont permis une propulsion à une vitesse de 3 nœuds.

AEROFLEET 2

Fabriqué pour un navigateur suisse, le Dr. Raphaël Deslarzes, ce bateau est un véritable plaidoyer en faveur de la protection de l’environnement. A commencer, explique l’heureux propriétaire du Hoa Motu Piti, par « le respect de mon environnement, une importante autonomie, de la simplicité́ (pas de pompe électrique et pompe à pied partout) et une sérieuse fiabilité́ car je désire reprendre le chemin de grandes navigations au long cours particulièrement dans les régions isolées du Pacifique et de ses merveilleux atolls, joyaux si fragiles écologiquement… Il est évident pour moi qu’avec les choix que je fais, j’accepte de faire quelques concessions sur la vitesse du bateau par exemple ou à travers la gestion de l’énergie à bord !». Ainsi, par exemple, le toit solaire permet de récupérer l’eau de pluie, et absolument rien n’est rejeté en mer : les eaux sales sont stockées, et les emballages supprimés avant de partir. Maitre d’œuvre et maitre d’ouvrage partagent la même philosophie : préserver la beauté des mers. Et un bon sens qui leur fait préferer l’efficacité à la performance.

tensiometre-bleu

Mais que sa fibre écologique ne nous trompe pas : Raphaël van Vlodorp n’est pas un rêveur : « Nous mesurons tout ce que nous faisons. On fait des analyses théoriques, on fabrique et puis on teste ».
Il a ainsi construit un jumeau à son catamaran solaire, un double truffé d’électronique, pour voir comment le bateau réagit. Capteurs, senseurs optiques, tensiomètre pour mesurer la traction sur les haubans… le bateau laboratoire a bénéficié de l’appui de nombreux partenaires : le Centre spatial de Liège (Csl), l’Université de Mons, LMS- Samtech, Multitel et Sirris.
Le bateau laboratoire permettra d’inventer la navigation de demain tandis que son double solaire, après un petit tour d’Angleterre au printemps 2015 partira pour le tour du Monde à l’automne.
Sans fuel. Sans CO2. Sans bruit. Bref, que du plaisir.

Crédits photos : Une et tensiomètre : Aerofleet, images 3D : Martin Defline, architecte naval.

Posts similaires:

Be Sociable, Share!