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Dix mille logements de deux quartiers de Rouen se chauffent grâce au Vésuve. Il ne s’agit pas du volcan napolitain mais du nom d’un réseau de chaleur alimenté par la chaleur fatale issue de l’incinération des déchets.

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Quand il s’est doté en 1995 d’une unité de valorisation énergétique des déchets, le Syndicat Mixte d’Élimination des Déchets de l’Arrondissement de Rouen (Smédar) avait déjà anticipé cet usage futur. Le choix de la turbine transformant en électricité la vapeur émise par l’incinération de 325 000 tonnes de déchets par an, mais aussi les bâtiments construits permettaient en effet le raccordement à un réseau de chaleur. Pendant plus d’une quinzaine d’années, l’usine d’incinération de Rouen se contentait de transformer, grâce à sa turbine de 32 MW, la vapeur des chaudières en électricité revendue à EDF.
Mais depuis novembre 2013, et au terme de 15 mois de travaux, cette usine est passée à la cogénération, produisant à la fois électricité et chaleur.

L’incinération des déchets produit une vapeur à 395° et 36 bars. Celle-ci, via la turbine est convertie en courant électrique. Une vapeur à 200° et 6 bars est récupérée via un échappement à moyenne pression et, grâce à un système d’échangeurs, porte 1500 m3 d’eau à 110°C dans une boucle fermée de 23 kilomètres de tuyau, qui alimente à son tour des sous-stations situées dans les chaufferies des clients. Outre les 10 000 logements, le réseau dessert aussi l’Hôtel de Ville de Petit-Quevilly, une piscine, et à partir de septembre 2014, le lycée Val de Seine de Grand-Quevilly.

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« Ce système répond à 90% des besoins de consommation de chaleur annuels. Mais par sécurité, et en cas de pic de grand froid, les chaudières existantes ont été conservées dans les différentes chaufferies », explique Eric Mauger, directeur technique et de l’exploitation du Smédar. Il reste difficile d’évaluer l’économie réalisée pour les clients, en raison du peu de recul et d’un hiver particulièrement doux pour la première saison de chauffe. Mais le bénéfice environnemental est net. Ce réseau vertueux, qui chauffe les habitants avec leurs propres déchets, tout en produisant de l’électricité, évite le rejet dans l’atmosphère de 14 000 tonnes équivalent C02.

Pour en savoir plus, consultez le site dédié à ce réseau exemplaire.

Crédits Photos © Bruno Maurey – SMEDAR

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