Kristell
Entretien avec Kristell Guizouarn
Directrice Développement Durable Groupe Sofiprotéol

Les récents pics de pollution ont conduit le gouvernement à restreindre la circulation des automobiles en région parisienne et les véhicules diesel ont été accusés d’être à l’origine de cette pollution : qu’en est-il ?.

Les véhicules diesel sont souvent accusés d’être à l’origine des pics de pollution, mais il faut savoir qu‘aujourd’hui les véhicules neufs qui roulent au diesel ne polluent pas plus que ceux qui roulent à l’essence. Les nouvelles normes en vigueur sont très strictes et tendent à une réduction drastique des émissions de polluants. Seuls les véhicules diesel les plus anciens non équipés de filtres à particules (le parc est estimé à 14,5 millions de véhicules) polluent, en particulier lorsqu’ils circulent en zone urbaine. Par ailleurs, ces véhicules ne représentent que 18 % des émissions de particules fine, alors que le secteur résidentiel, qui englobe le chauffage domestique, est responsable de 45 % des émissions de particules fines et l’industrie manufacturière de 24 %.

Existe-t-il un lien entre les émissions de particules des véhicules diesel et le cancer ?

Il semble que la pollution de l’air par les particules quelle que soient leur taille et leur origine – industrie, chauffage, trafic routier – puisse entraîner une mort prématurée et en 2012 l’OMS a classé les gaz d’échappement des moteurs Diesel « cancérogènes certains pour l’homme ». Toutefois, certaines instances scientifiques comme l’Académie de médecine ont émis un avis très critique sur les essais ayant servi de base à ce classement.

Comment peut-on lutter contre l’émission de particules par les véhicules diesel ?

Il y a deux façons de réduire l’émission de particules : équiper les véhicules diesel de filtres à particules et incorporer du biodiesel dans le carburant.
Depuis 2011 (norme Euro 5 obligatoire), toutes les voitures particulières neuves à moteur Diesel sont équipées de filtres à particules. Ces filtres, particulièrement efficaces, permettent de produire une teneur en particules en sortie du pot d’échappement similaire à celle de l’air ambiant.

La composition du carburant a quant à elle un impact direct sur la combustion, donc sur les émissions de polluants. Une teneur élevée en biodiesel permet de réduire le nombre de particules produites.

Et plus concrètement, comment le biodiesel agit-il sur la réduction des émissions de particules ?

La présence d’oxygène dans le biodiesel permet d’améliorer la qualité de la combustion et entraîne une action bénéfique sur les polluants : cela est clairement démontré pour les particules dont le nombre peut être réduit de manière significative, et pour les fumées noires. Plus le taux d’incorporation de biodiesel est élevé, plus l’impact est important.

Ainsi, l’incorporation de biodiesel à 30% dans les gazoles conduit à une réduction significative des émissions de pollution locale. L’impact d’une teneur croissante en biodiesel est particulièrement efficace sur les véhicules non équipés de filtres à particules car il agit en amont de l’échappement.

Une motorisation diesel performante, un filtre à particule et la présence de biodiesel dans le gazole sont autant d’éléments qui constituent une réponse efficace et adaptée aux enjeux de pollution locale liée au transport routier.

La tendance forte vers la réduction de la consommation de carburant des véhicules par le biais de technologies innovantes ainsi qu’une politique nationale assurant une incorporation garantie de biodiesel dans le gazole à hauteur de près de 8% permettent également de réduire les émissions de CO2 du transport. Cela a un effet direct sur la pollution globale et donc dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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