Tidalys

Encore une rupture technologique dans l’univers de l’hydrolien. Tidalys, une jeune société française basée à Cherbourg, est en train de développer des structures flottantes pour transformer les courants marins en courant électrique.

« Nous sommes en train de finaliser la conception d’un prototype à l’échelle 1, et visons une mise à l’eau au printemps 2015 pour une série de tests en mer » confie Arnaud Blosseville, président de la société, lauréate en 2012 du Concours de l’Innovation de la MIRIADE en Basse Normandie et en 2013 du Concours du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le chef d’entreprise lorgne du côté du raz Blanchard au large de la Hague, un site dont les courants de marée sont parmi les plus forts d’Europe.

Les essais réalisés en bassin à l’IFREMER de Boulogne-sur-mer sur des modèles à l’échelle 1/13, avec le soutien de la région Basse-Normandie, se sont avérés prometteurs.

IFREMER Christian video photos 046

« Nous utilisons un double rotor contrarotatif, c’est à dire avec une hélice tripale qui tourne dans un sens et une autre dans le sens inverse. Cela nous permet un gain de rendement de 9 à 13% supérieur à un rotor simple. Mais les avantages sont multiples : une meilleure stabilité en mer, une grande résistance aux accélérations brutales de courant, un sillage redressé qui implique moins de turbulence sur le milieu marin et la possibilité d’une densité plus importante d’hydroliennes de forte puissance sur un seul site » explique Arnaud Blosseville.

Image de com - vue AV rotor B

La machine impressionne aussi par ses dimensions : 50 mètres de long sur 24 mètres de large. Un rotor de 18 mètres de diamètre. 30 mètres de hauteur en partant de la pointe inférieur de la pale jusqu’au sommet de la structure ! Des dimensions qui permettent d’optimiser le rendement. « Comme pour les éoliennes, plus la machine est grande, moins le kWh est cher » précise le président de Tidalys qui vise une production entre 5 et 10 centimes le kWh, sur des parcs d’une puissance de 50 à 500 MW.

Tidalys a développé deux modèles de turbines Electrimar1800® et Electrimar4200® présentant une puissance nominale respective de 1.8MW et 4.2MW. Mais ces hydroliennes sont modulables puisqu’il suffit de jouer sur la longueur des pales du rotor pour faire varier la puissance. Dernier avantage, leur point d’ancrage unique permet à ces machines de s’aligner elle-même dans le sens du courant

ELECTRIMAR 4200 TIDALYS VUE AR ROTOR RELEVE

La société française n’est pas la seule sur le marché des hydroliennes flottantes, une technologie qui facilite la maintenance et réduit les coûts d’installation. Mais elle est la seule à avoir opté pour une génératrice en surface, dissociée de l’hélice. « L’eau et l’électricité ne font pas bon ménage » souligne le concepteur d’hydrolienne. Sur ses machines, seul le rotor (relevable pour faciliter la logistique et la maintenance comme on le voit ci-dessus) est immergé, tous les systèmes électriques sont au-dessus de la surface, à l’abri de la pression sous-marine .

«Les moules servant à construire le prototype à l’échelle 1 vont servir à la production en série. Fin 2015 nous devrions pouvoir lancer la production » confie Arnaud Blosseville, avant de rajouter « mais si le marché l’exige, cela peut bien sûr aller beaucoup plus vite » !

Crédits photos : Tidalys

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