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Aujourd’hui 3/4 de la production électrique de l’archipel est d’origine thermique : l’électricité y est majoritairement produite avec des centrales ou des générateurs qui carburent aux hydrocarbures! Ce qui pèse lourd sur le pouvoir d’achat local : l’électricité en Polynésie française est la 2e plus chère au monde, après le Vanuatu, pouvant atteindre jusqu’à 50 centimes du kWh (contre 0,13 centimes en moyenne en métropole). Ce choix énergétique n’est en outre ni très vert ni très durable. Surtout quand l’ambition est d’atteindre 50% de renouvelables en 2020 puis 100% en 2030 !

Mix_énergétique_Polynésie_française

Tout ça va changer assure Gaston Flosse qui a promulgué le 23 décembre 2013, la loi relative aux principes directeurs de la politique énergétique de la Polynésie française. Le président de la collectivité d’outre-mer vise l’autonomie énergétique et mise sur les EnR. Les archipels ont un effet un riche potentiel à la fois éolien, solaire, hydroélectrique ainsi bien sûr qu’en énergies marines (voir notre article sur la SWAC).

Barrage de Tahinu

Barrage de Tahinu

Le principal fournisseur d’électricité, en situation de quasi-monopole, EDT, filiale de GDF-Suez, a déjà entamé la diversification de sa production. Son principal atout : l’hydroélectricité qui représente déjà 30 % des besoins électriques de l’île de Tahiti où quinze centrales sont répartis sur cinq vallées. Aux Marquises, les installations hydroélectriques d’Hiva Oa et Nuku Hiva représentent une puissance de 1,2 MW, soit 35% de la production d’électricité des deux îles.

Mais c’est la combinaison des énergies qui est le meilleur chemin vers l’autonomie.
Ainsi le 28 octobre 2013, la production d’électricité d’EDT à Tahiti a été à 63% d’origine renouvelable. Un fort ensoleillement a généré 9,95 MW grâce aux multiples panneaux solaires raccordés au réseau, alors que le week-end pluvieux avait permis de remplir les barrages de Marama Nui dont la production a pu être maintenue à 39,5 MW. La conjonction de la pluie et du soleil a, le temps d’une journée, quasiment inversé les proportions du thermique et des renouvelables !

Moana roa

Les petits archipels peuvent tirer leur épingle du jeu et profiter de leurs propres ressources. Depuis une dizaine d’années, l’ADEME finance des installations photovoltaïques dans les sites isolés, notamment aux Tuamotu-Gambier. Mais des efforts restent à faire, notamment dans le domaine de l’éolien (idéal en complément du solaire pour des petits sites isolés) et de l’hydrolien, dont une étude de l’Ifremer a démontré le potentiel.
Après tout, si une île des Canaries parvient à l’autonomie énergétique pourquoi pas celles de Polynésie ?

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