Usine incineration

La communauté urbaine de Strasbourg a une politique énergétique volontaire et des objectifs ambitieux. Non contente de réduire ses émissions de gaz à effets de serre, la CUS souhaite à la fois réduire ses consommations et augmenter la part des énergies renouvelables. Pour un jour, peut-être, parvenir à produire plus d’énergie qu’elle n’en consomme.
Etat des lieux avec Andrée Buchmann, vice-présidente de la communauté urbaine strasbourgeoise en charge de l’écologie, du développement durale et du plan climat.

BUCHMANN 9429

« Notre réflexion environnementale est ancienne, qu’il s’agisse de la qualité de l’air (notre plan d’alerte à la pollution atmosphérique remonte à 1986), ou de la mobilité urbaine, initiée par le choix structurant du tramway par Catherine Trautmann en 1989. Nous avons maintenant engagé une politique d’économie d’énergies, qui s’est traduit par une amélioration significative de notre propre patrimoine immobilier ou par l’adoption d’un plan piscine afin de mieux maitriser les consommations de ces équipements. Cet engagement est aussi visible dans les transports : nous sommes devenus en 2009 la première agglomération cyclable de France et la fréquentation des transports en commun ne cesse d’augmenter : 27% d’abonnés en plus entre 2008 et 2012.
Enfin nous développons le plus largement possible le recours aux énergies renouvelables.

En 2010, notre taux de couverture en énergies renouvelables, c’est à dire le rapport entre production et consommation finale, était de 10,5%. En grande partie grâce au recours à l’électricité produite par un barrage sur le Rhin.
Nous comptons passer à 50%, au plus tard d’ici 2030. Pour cela, nous nous appuyons sur nos trois réseaux de chaleur. Le 14 novembre dernier nous avons inauguré la connexion du réseau sud de l’agglomération avec l’usine d’incinération des ordures ménagères du Rohrschollen. La combustion des déchets sert désormais au chauffage urbain.

Schéma Strasbourg

Trois nouveaux réseaux sont également en projet. L’idée est d’alimenter le plus largement possible ces réseaux par des énergies renouvelables : biomasse bois, incinération des déchets ou encore bio-méthane issu soit des déchets ménagers, soit, et c’est une première en France, du traitement des boues de la station d’épuration Strasbourg-La Wantzenau.

Mais pour parvenir un jour à produire plus que nous consommons, nous bénéficions d’un coup de pouce unique de la nature : la géothermie profonde. Cette ressource, en cours de déploiement à l’usine Roquette de Benheim pourrait se révéler être une véritable manne pour le territoire. Sur les huit permis de recherche accordés à ce jour par le ministère de l’écologie deux concernent directement la communauté urbaine puisque des explorations seront menées au nord-ouest de Strasbourg et à Illkirch-Graffenstaden.
Cette articulation entre une politique vertueuse, la mobilisation de tous les acteurs et la présence de ressources naturelles nous donne les moyens de nos ambitions. Et nous permettent d’imaginer devenir une communauté à énergie positive !
»

Crédits photos et schéma : Communauté urbaine de Strasbourg , portrait d’Andrée Buchmann © Ernest Laemmel / CUS

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