Chedigny

C’est ainsi qu’on surnomme Isabelle depuis qu’elle traque et répertorie sur son site internet les éoliennes Bollée.
Ces « demoiselles de fer » comme elle les surnomme, sont des machines aujourd’hui centenaires et autrefois destinées à puiser l’eau à la force du vent.
Entretien avec cette ancienne archiviste à la collection surprenante.

Isabelle par son fils

«J’ai rencontré ma première éolienne Bollée il y a à peine plus d’un an» se souvient la passionnée qui en affiche désormais plus d’une vingtaine à son tableau de chasse. «A l’occasion d’une chasse au trésor par géolocalisation avec mes nièces, nous sommes tombées, par hasard, sur une de ces machines. Nous sommes restées sans voix. Finalement Clara, 10 ans, a rompu le silence : « On dirait la maman de la Tour Eiffel». De retour à la maison nous avons fait des recherches sur internet pour en savoir plus sur ces engins et on a même téléphoné dans la foulée, au spécialiste français de la question, Jean-Claude Pestel, qui a gentiment répondu à toutes nos questions. La chaleur de l’accueil qu’il nous a réservé a été un facteur aggravant de ma passion pour ces éoliennes du passé. Désormais, à chacun de mes déplacements, je compulse les ouvrages de référence pour vérifier s’il n’y en a pas une dans le coin. Et je fais parfois des détours de 400 kilomètres, au grand désespoir de mon mari.

Esvres sous la neige

Il émane de ces gigantesques et utiles œuvres d’art comme un souffle bienveillant. A chaque fois, elles sont l’occasion de belles rencontres. Ainsi à Esvres, en Indre-et-Loire, une association organise des visites de l’éolienne à l’occasion desquelles ses membres la remettent en route et en expliquent le fonctionnement. Dans des villages, je croise des anciens qui me confient avoir pleuré à la destruction de « leur » éolienne. Non seulement elle apportait l’eau, mais elle leur servait de repère et de miss météo en leur donnant de précieuses indications sur le sens et la vitesse du vent.»

Eolienne St Gervais (41)

A bientôt cinquante ans, Isabelle n’en a pas terminé avec les demoiselles de fer. Son site est en passe de devenir un ouvrage de référence. Toute sa famille s’est prise au jeu et lui indique les éoliennes anciennes qui ont échappé à sa traque. D’ailleurs, s’il vous arrive d’en croiser, signalez-les lui ! Même son chien Roméo s’aventure avec elle à l’assaut des élégantes géantes, « je dois tempérer ses ardeurs, explique Isabelle, car les marches ne sont pas sécurisées pour un toutou entêté ».

Isabelle et Roméo

Et les éoliennes modernes, productrices d’électricité, qu’en pense notre défenseuse des Bollées ? «A vrai dire, je leur trouvais de loin, un air grandiose et un peu hautain. Mais en les scrutant de plus près, en particulier grâce à votre site, j’ai fini par leur trouver un petit air de famille avec mes demoiselles de fer. Et comment ne pas apprécier leur formidable utilité !».

Crédit photos : Isabelle

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