Gérard d'Aboville GT
Entretien avec le capitaine du Planet Solar

Dans le bureau parisien du Conseil supérieur de la navigation de plaisance que préside Gérard d’Aboville trône la maquette d’un trois-mats barque qu’il restaure. Le navigateur, rentre de six mois d’expédition scientifique à bord du plus grand navire solaire du monde.

«Je suis l’aventure Planet Solar depuis que l’idée a germé dans le cerveau de Raphaël Domjan. Aussi quand l’équipe m’a dit qu’elle cherchait un capitaine pour une mission en Atlantique Nord j’ai sauté sur l’occasion. Le projet, dirigé par le professeur et climatologue Martin Beniston de l’Université de Genève, consistait à récolter de données inédites le long du Gulf Stream. Une douzaine de doctorants se sont succédés à bord avec leur matériel et leurs appareils de mesures. Cette campagne scientifique était une première mondiale puisque jusqu’à présent aucun navire ne permettait de recueillir les données recherchées, telles que la qualité de l’air au ras de l’eau en des points précis du Gulf Stream. Les voiliers manquent de stabilité, de manœuvrabilité et surtout d’espace pour les chercheurs et leur équipement. Quant aux navires à moteur, ils pollueraient les mesures et fausseraient les résultats. Outre le succès scientifique, l’expédition s’est doublée d’un succès médiatique : ce navire unique au monde attire les journalistes et le grand public et permet de mettre la recherche en avant.
Planet Solar est un bel outil pour la science mais surtout, avec son tour du monde réalisé en dix-huit mois sans une goutte d’essence, un formidable démonstrateur et promoteur de l’énergie solaire.

Gerard d'Aboville

Déplacer 100 tonnes avec 520 m2 de panneaux solaires avec des points de rendez-vous précis et une mission à accomplir est un défi permanent. Tous les jours il faut remettre en cause sa vitesse, sa consommation, sa route, en fonction de l’ensoleillement prévu, des conditions météo, du niveau des batteries… On est en permanence dans l’anticipation et la gestion de la pénurie, la maîtrise de la consommation d’énergie. C’est assez subtil. On peut choisir d’accélérer ou au contraire ralentir pour passer une zone nuageuse de nuit. Nous essayons de réaliser un programme informatique d’aide à la décision pour la navigation, mais il y a trop de paramètres. Pour le moment on se fie au bon sens et au calcul mental.

planetsolar-paris-plisson-9

Après avoir remonté la Seine jusqu’à Paris, Planet Solar passe maintenant l’hiver à Lorient. Il repartira sans doute au printemps prochain, direction l’Atlantique sud, entre le Cap Vert et le Brésil, pour une nouvelle mission scientifique également menée par l’Université de Genève. Il s’agira cette fois d’évaluer l’influence des poussières sahariennes sur le phytoplancton ! Je ne sais pas encore si je serai de la partie. Il est possible qu’à la place je navigue à l’ancienne sur mon voilier centenaire… »


Lorient. Gérard d'Aboville parle du plus grand… par Letelegramme

Si vous êtes du côté de Genève ce 26 novembre 2013, profitez-en pour découvrir en avant-première la dernière expédition scientifique du Planet Solar.

Crédits Photos : Une © Guillaume Tixier
Les autres photos © Planet Solar

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