Jean-Baptiste Drevet

Une révolution technologique pour les hydroliennes.

Jean-Baptiste Drevet nous invite à passer dans la salle de bain d’un appartement parisien. Là, dans une cuve de la taille d’une grande baignoire, une sorte de long tapis ondule dans le courant. « Voilà mon hydrolienne » explique l’ingénieur.
L’homme, diplômé des Arts et Métiers, a déjà secoué, il y a quelques années, le monde industriel, avec une pompe membranaire de son invention qu’il distribue aujourd’hui à des groupes tels qu’Areva, Suez ou Saint-Gobain et qui a aussi des applications médicales. « Je suis revenu aux bases de la physique appliquée pour concevoir ces pompes à membranes ondulantes. A les voir fonctionner, je me suis dit qu’il devait être possible de générer de l’énergie à partir du couplage d’un fluide sur une structure ondulante. »


Essais réalisés en septembre 2012 au bassin d… par eelenergy

En clair, Jean-Baptiste Drevet déploie dans l’eau un tapis de caoutchouc doté de convertisseurs qui transforment l’énergie cinétique (les ondulations provoquées par le courant) en énergie électrique.
Une idée validée par la nature elle-même. « Dans l’eau, les poissons avancent en ondulant » souligne le fondateur d’Eel Energy qui se réclame du biomimétisme (Eel en anglais désigne l’anguille).

JB Drevet 2

L’ingénieur ne se contente pas d’essais dans sa salle de bain. L’ADEME finance une thèse pour aider à la modélisation numérique de son invention. L’IFREMER fournit un bassin d’expérimentation doté d’un simulateur de houle et de courant où il teste un modèle réduit à l’échelle 1/6ème. Enfin des industriels donnent corps à son tapis marin : Hutchinson, le leader mondial du caoutchouc, réalise la membrane, « dans un latex naturel résistant aux déchirures et aux abrasions et sur lesquels les organismes marins ne se fixent pas » précise Jean-Baptiste Drevet. Baron, le groupe industriel du Nord-Pas de Calais fabrique le socle de 200 tonnes sur lequel repose l’engin destiné à transformer les courants marins, océaniques ou de marées, en courant électrique…

Avec ses quatre salariés Eel Energy voit grand. « Nous allons bientôt exploiter le courant des Aiguilles dans l’Océan Indien et construire une ferme hydrolienne en Afrique du Sud. Nous sommes en pourparlers avec le Japon et avons aussi des projets en Ecosse » détaille le président fondateur. En France, le premier modèle en taille réelle, une bête de 16mx16m, devrait être mis à l’eau à Boulogne-sur-mer fin 2014, tandis que le prototype à 1/6ème sera immergé en mer en février prochain..

EEL ENERGY

Cette nouvelle génération d’hydrolienne doit bien sûr faire ses preuves. Mais les promesses sont alléchantes : l’absence de trainée et de sillage permet une densité de machines, sur un site, 20 fois supérieure à celle des hydroliennes classiques tout en épargnant flore et faune marine. La durée de vie des machines est sans commune mesure avec celle des turbines traditionnelles et leur rendement supérieur puisqu’elles fonctionnent aussi avec des courants faibles… Enfin d’autres applications sont envisageables : en rivière, mais aussi à l’arrière des voiliers comme hydro-générateur !
Les hydroliennes d’Eel Energy n’ont pas fini d’onduler !

Crédits Photos : © G. Tixier, sauf film et schéma © Eel Energy

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