DIESTER
La production de biodiesel sérieusement menacée

Vous le savez déjà, la totalité des automobilistes français qui roulent au diesel mettent 7% de biodiesel – produit par la transformation d’huiles végétales – dans leur réservoir : c’est le Diester, un biocarburant extrait du colza ou du tournesol. Une production locale qui réduit notre dépendance aux énergies fossiles importées. En outre, selon un rapport de l’ADEME, les biodiesel issus d’oléagineux réduisent de 60 et 80 % les émissions de gaz à effets de serre (GES).

Alors que le gouvernement vient de réaffirmer son cap, par la voix du Conseil National du débat sur la transition énergétique (voir notre article) : « La France doit remplir ses engagements de lutte contre le changement climatique (le facteur 4, c’est-à-dire la division par 4 des émissions de l’ensemble des gaz à effet de serre à l’horizon de 2050) et réduire sa facture et sa dépendance liées aux importations d’énergies fossiles », un rapport de Corinne Lepage vient d’être voté par la commission Envi du Parlement Européen préconisant de limiter le taux d’incorporation des biocarburants à 5 %.

Un revirement spectaculaire (une directive européenne fixait ce taux à 10% pour 2020 !) qui contraint déjà les industriels à réduire la production et pèse sur le revenu de nombreux agriculteurs.
Dans une tribune publiée dans les Echos, Jean-Philippe Puig, directeur général du groupe Sofiprotéol qui représente l’ensemble de la filière oléagineuse française, résumait la situation en ces termes, en rappelant qu’aujourd’hui les biocarburants représentent 20 000 emplois en France : « A qui profite le crime ? En tout cas pas aux salariés de Sofiprotéol, pas aux agriculteurs de toute la France qui livrent leur colza et leur tournesol à nos partenaires, les coopératives ; pas aux investisseurs qui nous font confiance ni à la balance commerciale française, puisqu’il va nous falloir importer du diesel russe, et finalement pas aux environnementalistes car l’arrêt ou la baisse de production du colza conduira inexorablement à l’importation de protéines de soja… OGM ! ».

Et si on arrêtait de faire deux pas en arrière pour chaque pas en avant ? Et si on misait vraiment sur des énergies locales et renouvelables ?

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