Alors que la Commission européenne cherche à définir les critères de durabilité auxquels doivent répondre les biocarburants, notamment au niveau des émissions de gaz à effet de serre (GES), nous avons souhaité en savoir plus sur les biodiesels et le Diester. Kristell Guizouarn, responsable Recherche & développement et Qualité Diester Industrie, nous éclaire.


FLPA : La Commission européenne a reporté sa communication, attendue fin juillet, sur le changement indirect d’affectation des sols (CASI). Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

Kristell Guizouarn : L’effet Casi consiste à faire l’hypothèse que les cultures destinées à la production d’énergies renouvelables se substitueraient à des cultures alimentaires qui seraient déplacées ailleurs sur la planète, entraînant ainsi d’importantes émissions de CO2. La réflexion actuelle, menée à Bruxelles, s’inscrit dans le cadre de la Directive européenne sur les énergies renouvelables, qui définit les critères de durabilité auxquels doivent répondre les biocarburants. Ces critères concernent notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) obtenue grâce aux biocarburants, par comparaison avec des carburants d’origine fossile.

FLPA : Que penser de cet effet Casi, attribué aux cultures servant à la production de biodiesels ?

K. G. : Une des études rendue à la Commission, émanant d’un institut de recherche basé à Washington, se montre particulièrement critique vis-à-vis des biocarburants. Selon cette étude, du colza cultivé en Europe pour le biodiesel entraînerait la plantation de palmiers à huile en Indonésie par exemple, plantation qui serait réalisée sur des tourbières et induirait une émission de GES.

Or, si le biodiesel disparaissait, les cultures de colza européennes destinées aux biocarburants disparaîtraient aussi, faute de débouchés. La disparition de ces cultures n’empêcherait donc pas le développement de l’huile de palme, qui est cultivée pour d’autres motifs : son côut avantageux par rapport aux autres huiles, son utilisation dans l’agro-alimentaire et dans l’industrie. En revanche, la disparition des cultures de colza renforcerait assurément en Europe la monoculture, dont on connaît les effets sur la biodiversité.

Par ailleurs, il faut rappeler l’importance de la filière des biocarburants pour l’alimentation animale. Les graines de colza ont une teneur en huile de 42% en moyenne, le reste constitue un « tourteau » riche en protéines indispensable à l’alimentation animale. Sur environ 1 million d’hectares de colza dédié au biodiesel en France, près de 60% sont en réalité destinés à l’alimentation animale, sous forme de tourteaux. Sans production de biodiesel, la France, devrait importer massivement ces tourteaux de soja, du Brésil notamment. On peut donc affirmer la durabilité de la filière des biocarburants.

FLPA : Le Diester est un biodiesel français incorporé à hauteur de 7% dans le gazole. Quelles sont les exigences en terme de qualité ?

K.G. : Aujourd’hui, pour pouvoir être mélangé avec du gazole, le biodiesel pur doit répondre à la norme de base NF EN 14214. Le biodiesel utilisé en France et mélangé avec le gazole doit obligatoirement respecter une température limite de filtrabilité sans additif de tenue à froid. Celle-ci sera définie dans un arrêté français qui anticipera les évolutions européennes. Diester Industrie a anticipé ce besoin en mettant au point le taux optimal de 30 % de Diester dans le gazole, afin d’avoir un gain supérieur de stabilité à l’oxydation.

De plus, nous veillons à la qualité du biodiesel depuis les matières premières, jusqu’à la fin de production en effectuant de nombreux contrôles le long de la chaîne. Des certificats d’analyse et des échantillons témoins sont conservés au minimum trois mois. En terme de traçabilité et de durabilité, il est très important de pouvoir contrôler les flux de matières, en particulier pour le Diester pur destiné au 30 %.

Pour aller plus loin :
www.diester.fr

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