Fernand Ribeiro est architecte DPLG et dirige l’agence Architecture Bioclimatique Auvergne. Spécialisé dans la construction écologique à haute performance énergétique, il revient pour nous sur les principes et avantages du bioclimatisme.

Faites le plein d’avenir : Pouvez-vous nous rappeler les principes du bioclimatisme ?

Fernand Ribeiro : Le bioclimatisme consiste à concevoir une maison de façon à tirer le meilleur profit du contexte : orientation, nature du sol, climat. Le but est de bénéficier des protections naturelles de la maison, ou au contraire de se protéger des effets négatifs tels que les vents dominants en hiver. Par exemple, on place les pièces de vie au sud, si le terrain le permet, tandis que les autres pièces orientées au Nord protègent la bâtisse. De larges ouvertures permettent de profiter des apports solaires passifs en hiver, ce qui offre lumière et chaleur. On prévoiera des débords de toiture ou des stores pour éviter la surchauffe en été. L’approche bioclimatique devrait être prise en compte avant toute construction, pour réduire les coûts énergétiques et inscrire au mieux la maison dans son environnement.

FLPA : Le bioclimatisme peut donc être appliqué dans toutes les régions ?

Bien sûr, mais au-delà de la région on étudie la localisation précise de chaque terrain. Dans une même région, la nature des sols peut varier, le terrain n’est pas toujours plat ou orienté au Sud… L’objectif est d’étudier la spécificité du contexte pour construire « sur-mesure » en fonction des besoins. C’est une logique de base, qui a prévalu jusqu’à la première guerre mondiale. Avec l’industrialisation, on s’est défait de cette approche pour appliquer d’autres méthodes dictées par l’intérêt financier. Mais elle revient depuis quelques années. 80% de ma clientèle est formée de primo-accédants sensibilisés à l’écologie, qui se renseignent en amont pour réduire les coûts énergétiques.

FLPA : Une maison bioclimatique demande-t-elle un budget plus important qu’une maison « classique » ?

La conception bioclimatique en elle-même ne coûte pas plus cher puisqu’il est nécessaire d’étudier le terrain avant de construire. Ce qui est coûteux, ce sont les matériaux utilisés : de meilleure qualité, plus respectueux de l’environnement. Contrairement aux pavillons classiques, la maison bioclimatique est dans le haut de gamme en matière de durabilité et de longévité. Le surcoût est de 10% environ. Mais les économies sur l’énergie sont importantes. Là où une maison classique consomme 2000€ par an, la facture en bioclimatique sera de 400 ou 500 €. L’isolation et la conception font que l’on a très peu besoin de chauffage. Et le confort intérieur est un autre atout !

Pour aller plus loin :
http://www.architecture-bioclimatique-auvergne.com/

Crédit photo : Fernand Ribeiro

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