Gobi, une gourde new style.

Ce billet aurait également pu s’appeler Boire l’eau différemment. Car à l’heure où les lobbies de l’embouteillage de l’eau embouteillent à qui mieux mieux, une certaine résistance commence à prendre forme face aux packs de bouteilles d’eau de supermarchés. Oh, il ne s’agit que de prémisses. Mais il se pourrait que ces prémisses pavent la voie vers une vraie modification des habitudes et des consciences.

Le premier pavé vient d’être posé par Gobilab, une toute jeune structure qui est en train de mettre la dernière main à Gobi. Celui-ci se présente sous la forme d’une gourde transparente destinée à une utilisation en milieu professionnel principalement. Son but, remplacer avantageusement la grosse ou la mini bouteille d’eau minérale posée sur le bureau et que l’on trimballe toute la journée avec soi, de réunions en réunions.

Car l’eau en bouteille affiche quand même quelques défauts désolants. Tout d’abord, le principe d’embouteiller de l’eau et de la distribuer ainsi dans le monde entier par voies de fret est une espèce de non-sens économique et écologique : les soit-disants bienfaits de leurs eaux annoncés par la plupart des fournisseurs n’ont en général pas ou peu d’effets sur monsieur et madame tout le monde, et, par contre, tout le monde a accès à de l’eau de très bonne qualité depuis le premier robinet venu. Nous payons donc très cher quelque chose que nous payons déjà en double dans notre cuisine.

Par ailleurs, le plastique utilisé pour la fabrication des bouteilles est recyclable, il est vrai – on en fait de jolies vestes polaires – mais encore trop peu recyclé. Les nuisances écologiques causées par les 7 kg de bouteilles plastiques vides jetées chaque année par chaque français sont énormes. Enfin, ce plastique de mauvaise qualité contient beaucoup de Bisphénol A (BPA), particulièrement toxique pour l’homme. Ce BPA est connu pour s’extraire des plastiques spontanément à très faible dose et plus significativement s’ils sont nettoyés. Bref, pas grand chose de bon.

Chez Gobilab, ils se sont dit la chose suivante : si nous inventions une gourde, réutilisable, facilement transportable, transparente – parce qu’on a tous le réflexe de vérifier ce que l’on boit et s’il n’y a pas de petits têtards au fond de la bouteille – économique, ergonomique et jolie. Est-ce que cela suffirait pour aider les gens à changer leurs habitudes et à remplir cette gourde écolo plutôt que d’acheter des bouteilles d’eau.

C’est vrai qu’il est mignon Gobi. Sa anse encourage un transport simple. Sa contenance de 40 cl ne le rend pas trop lourd une fois rempli. Et il est même personalisable (on peut y inscrire un nom, un logo, y coller une photo) pour éviter que quelqu’un d’autre que soi ne boive dedans par inadvertance. Gobilab a néanmoins privilégié le plastique plutôt que le verre pour sa fabrication. Un paradoxe ? Pas vraiment. Le verre est parfait sous pleins de côtés, mais c’est un matériaux lourd et fragile. Il est interdit dans les cours d’école et dans beaucoup de contextes professionnels. Mais rassurez-vous, la plastique choisi pour Gobi est garanti sans Phtalates ni BPA. Il peut être utilisé et nettoyé pendant des années sans échanger la moindre particule nocive avec le liquide qu’il contient.

En fait, le hic est plutôt à aller chercher du côté des habitudes des gens en premier lieu. Boire l’eau du robinet, ça ne plait pas à tout le monde. « Pouah, elle a le goût de chlore !« . Il suffit pourtant de remplir sa gourde à l’avance et une heure plus tard, sans rien faire, l’eau n’aura plus aucun mauvais goût. Vous pouvez même accélérer le traitement en mettant la gourde fraichement remplie au frigo. En 1/2 heure, son goût est redevenu celui de la meilleure eau minérale.

Mais Gobilab pousse surtout pour que des fontaines publiques soient plus accessibles aux gens. Aujourd’hui, à part dans les bureaux, il est encore trop rare de trouver en ville des fontaines d’eau potables. Gobilab a mis en place un principe de réseau social sur son site afin de militer pour l’ouverture de ces fontaines en nombre plus important. Et là pour une fois, c’est Paris qui fait figure de bon élève. Car non seulement les parisiens croisent régulièrement les fontaines Wallace, mondialement connues, mais notre capitale vient d’inaugurer la première fontaine publique d’eau gazeuse en France. Elle s’appelle la Pétillante et elle est située dans le jardin de Reuilly, à proximité de la mairie du XIIe arrondissement de Paris. A boire sans modération, dans un joli Gobi bien sûr.

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