Pour faire la « chasse au gaspi »

Parmi les secteurs les plus énergivores, on recense les transports et le bâtiment.  Dans notre nouvel âge de  prise de conscience du réchauffement climatique et des émissions de CO2, les outils qui arrivent sur le marché pour traquer le moindre gaspillage sont les bienvenus.

Dans le secteur du bâtiment, l’énergie est utilisée pour chauffer, mais des pertes énormes sont dues au manque d’isolation. En fonction du type de construction, de son âge, et de sa localisation, les déperditions de chaleur, et donc le gaspillage énergétique peuvent représenter un surcoût non négligeable que les propriétaire, particuliers ou collectivités, peuvent réduire ou supprimier. Partant de ce constat, et désireuses d’améliorer leurs bilans carbone, les collectivités françaises se sont mis à utiliser une technique des plus utiles : la thermographie aérienne.

Ce procédé permet « d’obtenir, au moyen d’un appareillage approprié, l’image thermique d’une scène observée dans un domaine spectral de l’infrarouge ». Le résultats sont ces images colorées, des vues « infrarouges » de nos villes, qui mettent en lumière les déperditions d’énergie, les variations thermiques locales, et permettent de visualiser des défauts d’isolation. L’interprétation des résultats traduite en couleurs va du bleu foncé (déperdition non perceptible) au rouge (déperdition excessive). En clair, plus la toiture est représentée dans la gamme des couleurs froides, meilleure est l’isolation

Cette technique est désormais courante, et dès qu’une ville s’est dotée des outils de développement durable comme un Agenda 21, ou un Plan Climat Energie Territorial, elle réalise en général sous peu sa carte de « Thermographie aérienne ». Paris, Rouen, Orléans, Dunkerque, Bordeaux, Albi, Colmar, etc. on ne compte plus les villes qui ont fait réaliser cette cartographie infrarouge (en tout ou partie) . Ces images sont en général effectuées l’hiver (car plus les écarts de températures sont grands, meilleure sont les représentations), de nuit (afin d’éviter de mesurer la chaleur émise par les rayons du soleil), au moyen d’avions, d’hélicoptères ou de ballons captifs. Plus les vols sont effectués à basse altitude, meilleure est la précision.

Copyright MIGNAUX / MEDD

Ces images permettent de montrer que les défauts d’isolation ne sont pas rares, et l’ADEME de conclure que 30% des déperditions de chaleur se font par les toits, contre 25% par les murs, et 13% par les vitres. Devenue aujourd’hui un véritable outil de sensibilisation à la maîtrise de l’énergie, la thermographie permet de mieux orienter les investissements nécessaires pour bien isoler un bâtiment, et de dynamiser l’économie locale à travers les travaux d’amélioration de l’habitat. Elle permet aussi de communiquer avec un outil simple et visuel auprès des particuliers : la plupart des villes relaient les résultats de ce bilan thermique sur leur site internet, afin que chaque habitant puisse constater de ses propres yeux la performance énergétique de son bâtiment. Les responsables locaux sont nombreux à voir là un outil de séduction des administrés, qui permet en outre de servir une cause utile !

++ Institut de la thermographie

 

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