Les feuilles mortes se transforment en pellets…

Zeta, une jeune société basée à Antibes a mis au point un procédé breveté permettant de fabriquer des granulés à partir de déchets végétaux : branches, tiges, feuilles, gazon…
Son système ingénieux consiste à se servir de l’énergie des presses pour déshydrater les végétaux. Un peu comme si on combinait un presse-purée et un sèche-linge, le moteur de l’un générant la chaleur de l’autre…

Pour cette innovation Zeta a reçu le premier prix du trophée Essec au Salon des énergies renouvelables 2010.

Une tonne de déchets verts avec jusqu’à 60% d’humidité permet de produire environ 600 kg de pellets Zeta secs (entre 10 et 15% d’humidité). Ceux-ci affichent une performance comparable aux granulés bois : 4300 kCAL/kg contre 4700. Remarquable lorsqu’on sait que la plaquette forestière oscille entre 2600 et 3200 kCAL/kg ou qu’une buche de hêtre bien sèche a un pouvoir calorifique de 3500 kCAL/kg.
Sa production permet aussi d’apprécier la performance de ce combustible renouvelable : une dépense de 100 kW pendant une heure permet de produire une tonne de Zeta Pellet soit environ 4200 kWh d’énergie compactée…

Evidemment, pour que l’équation fonctionne il faut avoir la matière première sous la main. Ce qui n’est pas vraiment un problème : «Le déchet vert est une manne énergétique dont personne ne s’occupe. Les municipalités, si elles n’en font pas du compost, l’enfouissent ou l’incinèrent» explique Etienne Frank, président de Zeta et inventeur du procédé. «Nous leur proposons donc, ainsi qu’à tous ceux, composteurs, industriels, collectivités… qui sont intéressés, de louer nos machines pour transformer localement ces déchets en énergie et devenir producteurs de pellets. Notre offre comprend l’installation des machines, la formation du personnel et la maintenance. En échange, nous percevons une redevance à la tonne…» décrit-t-il. Plusieurs collectivités sont d’ores et déjà en cours d’équipement.

La nature est généreuse : entre les feuilles mortes, les saisons de taille ou d’élagage, il y a de quoi se chauffer tout l’hiver. La seule saison où le déchet vert se fait rare est la saison estivale, où les besoins de chauffage sont en général limités…
Seul bémol : ce pellet écologique génère beaucoup de cendre. Il lui faut donc des chaudières adaptées. Les chaudières mixtes, à biomasse, ou poly-combustibles font généralement l’affaire. La société Zéta propose d’ailleurs, sous la marque Zetech pro, des chaudières hybrides de sa conception qu’elle fait fabriquer en Autriche. Loin d’être dédiées au pellet, ces chaudières acceptent tout type de biomasse : paille, foin, crottin de cheval, noyaux d’olives…
Décidément les déchets ont de l’avenir ! C’est donc en toute logique que Zeta est partenaire de la villa déchets !

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