L’insularité incite à miser sur l’autonomie énergétique
À peine 7 %. Le taux d’indépendance énergétique de la Bretagne est l’un des plus faibles en France : la consommation de produits pétroliers et d’électricité y est plus importante que sur le reste du territoire alors que la production électrique locale ne répond qu’à 5 % des besoins, essentiellement avec l’usine marémotrice de la Rance. Façonnées par le vent, le soleil et les courants, plusieurs îles visent pourtant l’autonomie énergétique. Croisière en trois escales.
« une île à l’empreinte légère »
envoyé par francois-rigou. – NASCAR, F1, tuning et crash en video.
L’île Kemenez, au cœur de l’archipel de Molène, n’est pas raccordée au réseau électrique. En la rachetant à des particuliers en 2003, le Conservatoire du littoral décide d’y implanter « une exploitation agricole économiquement rentable dans une logique de préservation de l’environnement et d’accès à la découverte de l’île », explique-t-il. L’île est ainsi mise à la disposition d’un couple d’agriculteurs. L’Ademe réalise un diagnostic énergétique et propose une solution alliant le solaire et l’éolien. Le dispositif autonome est ainsi constitué d’un générateur photovoltaïque de 6 200 watt crête (puissance électrique maximale pouvant être fournie dans des conditions standards), d’une éolienne de 2 500 watt crête, et de huit capteurs solaires de 2,2 m2 qui chauffent 500 litres d’eau. Depuis deux ans, des chambres d’hôtes peuvent accueillir 6 à 8 personnes à Kemenez.
La presqu’île de Rhuys, avec ses 12 000 habitants, consomme environ 14,4 GW par an. Et aucune énergie n’est produite sur le territoire de la communauté de communes. Et ce alors qu’un moulin turbinant à la force des marées y produisait de la farine jusqu’en 1921. Face à ce constat, les élus locaux ont décidé de prendre les choses en main et de développer les énergies renouvelables, en misant essentiellement sur l’éolien et l’hydrolien. Sept pylônes tournent déjà dans les airs de la commune voisine d’Ambon.
Enfin, une jolie histoire avant le retour sur la terre ferme. Depuis plusieurs années, les populations d’oiseaux diminuaient sur l’île aux Moutons. Les colonies étaient à la fois effrayées par la présence de plaisanciers dans leur zone de nidification et par l’éolienne qui alimentait le phare. L’association Bretagne vivante a commencé par embaucher un gardien afin de contenir les plaisanciers, puis a installé des panneaux solaires afin de remplacer l’éolienne. L’éolienne est désormais couchée pendant la saison de reproduction des oiseaux. Depuis, sternes caugeks et pierregarin ont repris leurs habitudes sur l’île.
Pour aller plus loin :
- le blog de Soizic et David, à Kemenez.
Crédits photos : Conservatoire du littoral, association Bretagne vivante.










La Bretagne administrative fournit 7% de son énergie d’électricité,
la Bretagne historique (avec la Loire-Atlantique) fournit 28% grâce à la centrale charbon/fuel qui, il faut le souligner fournit en électricité toute la bretagne en priorité. de même cette centrale ne fonctionne jamais à plein régime.
Ceci dit, il y a trois ans quand un camion grue a arraché une ligne « très » haute tension en allemagne, un quart de la bretagne entre autres provinces, fut privé d’énergie; gast ha kaoc’h! mais donc la fourniture d’electricité ne se préoccupe pas des frontières..! et est bel et bien européenne et non localement étriqué, comme voudrait nous le faire croire un certain lobby nuclèaire…
@ Penn-Dragon… Cet article tente précisément de montrer, que dans le cas d’îles ou de sites isolés, la production locale d’énergie peut permettre de répondre à la consommation locale et se satisfait totalement des EnR. Effectivement, en raison de sa production nucléaire, la France exporte son électricité, mais ceci est une autre histoire, fort éloignée des énergies renouvelables qui nous préoccupent ici.
Entièrement d’accord avec ce qui est précisé dans le premier commentaire.
Vous avez omis dans votre article de préciser qu’il s’agissait de la région administrative dite « bretagne ».
Quand certains réduisent volontairement ou par ignorance la Bretagne à cette région administrative, on peut s’interroger sur la véracité de leurs dires …
@ Yves. Ami breton, nous ne souhaitions nullement dans cet article faire injure à la Bretagne, historique, administrative et éternelle et envers laquelle (un tour sur nos archives vous en convaincra) nous nourrisons une affection profonde. Nous évoquions ici simplement quelques îles de la région dite bretonne (à tort ou à raison, c’est n’est pas de notre fait en tout cas) qui font oeuvre exemplaire en matière de recours aux ENR… Il ne faut en tous cas pas y chercher malice ou la moindre volonté de réduction de la Bretagne à quoi que ce soit…
Dans ce cas il ne faut pas écrire que le taux d’indépendance énergétique de la Bretagne n’est que de 7%. Cà c’est le taux de la région « Bretagne » mais pas celui de l’ensemble économique et culturel qui forme la Bretagne historique.
Notez que les associations écologiques telles que Bretagne Vivante ou Eaux et Rivières de Bretagne couvrent bien toute la Bretagne .
En effet, il était pour moi évident en écrivant « Bretagne » que je parlais de la région administrative actuelle. Le propos n’étant absolument pas de rentrer dans le débat historique et culturel, mais de donner une information, puis de décrire des exemples intéressants de recherche d’autonomie énergétique grâce aux EnR.
Je comprends que pour des raisons de cohérence territoriale, certaines associations font le choix de couvrir toute la « Bretagne historique ».
Pour en savoir plus sur tous ces chiffres, un bon pdf à télécharger : http://www.bretagne-environnement.org/Media/Documentation/Bibliographies/Les-chiffres-cles-de-l-energie-en-Bretagne
Et je précise qu’il me semble que le chiffre de 7% pour la Bretagne administrative dresse certes un tableau un peu plus noir de la situation, mais est plus intéressant puisque cela implique des décisions des collectivités territoriales, et surtout du Conseil régional, qui se base donc sur ces chiffres pour avancer.
Merci en tout cas pour vos réactions. Au plaisir de vous lire.
Louise , pourquoi ce parti pris avec une carte qui cache la cote sud bretonne et le département de Loire-Atlantique.
Il y a la Bretagne qui existe depuis plus de 1200 ans avec sa capitale Nantes qui est liée au monde maritime point !
la région de Rennes auto -proclamée « région administrative bretagne »n’a aucune légitimité.
Hubert, et amis bretons. Un point semble s’imposer. La Bretagne est une des 22 régions administratives françaises. Qu’il s’agisse là d’un découpage arbitraire, nous en convenons volontiers. Mais ce n’est pas là notre propos. Nous évoquons la région Bretagne en accordant au mot région le même sens que pour les 22 autres régions de notre pays. Quand nous parlons des utilisations thermiques de l’eau des lacs de Savoie nous ne précisons pas que ce département a été rattaché à la France en 1860 et quand nous traitons de la géothermie en Guadeloupe nous n’évoquons pas la situation particulière des départements d’outre-mer : notre propos concerne les énergies renouvelables, et s’il nous arrive de parler d’histoire et de géographie c’est uniquement dans ce cadre restreint. Notre article sur l’autonomie énergétique d’îles françaises, se situant dans la région administative nommée Bretagne n’a pas vocation à devenir une tribune sur la légitimité de cette dénomination ou de ce découpage…
@Hubert : veuillez m’excuser, j’ai aussi sans doute voulu afficher un parti pris évident en ne mettant pas une carte du monde pour illustrer l’exemple sur l’île aux Moutons
Ces débats territoriaux sont sans doute très intéressants, mais ils me dépassent totalement, et ne sont décidément pas le propos de notre webzine, vous m’autoriserez à me retirer de votre conversation.
Cela dit, connaissiez-vous ces exemples ? Peut-être pourriez-vous nous en faire partager d’autres ?
Merci de vos réponses circonstanciées et de l’adresse du site de Bretagne environnement dont l’étude est effectivement fort édifiante.
Ainsi quand vous parlez de cohérence territoriale à propos de Bretagne Vivante il ne faut pas perdre de vue que la Bretagne n’est pas seulement un territoire historique mais aussi naturel et économique qui implique de nombreuses interactions entre la région « Bretagne » et la Loire-Atlantique.
Ainsi malgré les efforts de développement des énergies « vertes » vous ne pouvez ignorer le rôle régulateur de la centrale de Cordemais, pas plus que celui de la future centrale à gaz de Montoir de Bretagne.
Et puisque votre blog est patroné par le diester vous ne pouvez non plus ignorer l’usine de production de diester de Montoir de Bretagne.
Dans un autre registre le port de St Nazaire reste la principale porte d’entrée pour la Bretagne des trafics énergétiques et de conteneurs avant de devenir peut être celle des éoliennes offshore dont la taille change radicalement la donne.
Sans oublier la construction navale qui lie étroitement les capacités de production de Brest, Lorient et Saint Nazaire et pourrait jouer un rôle décisif dans le domaine de ces éoliennes.
De même, en nous éloignant un peu du sujet, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’il est réalisé est appelé a fonctionner en réseau avec ceux de Brest et de Rennes pour participer au développement de la Bretagne plutôt que de servir de simple zone de délestage des aéroports parisiens.
Merci beaucoup @lecat, pour toutes ces précisions qui permettent en effet de se rendre compte d’à quel point l’énergie en Bretagne, quelle que soit la « forme » de territoire envisagée, est une question complexe et dense.
Ces échanges d’infos sont vraiment à mon avis la force d’un média en ligne, j’espère vous lire à nouveau très bientôt.
Penn-dragon
La Bretagne n’est pas une « province » ; à minima il s’agit d’une région.
A maxima d’une nation (sans Etat ).
Rappelons que Province vient du latin Pro Vincae , autrement dit : qui a été vaincu.
Utiliser ce terme est très, comment dire, « parisien ».
Mais au delà des différentes divergences du sens de la territorialité bretonne où se situe la France ?
C’est elle qui vous fournit l’électricité dont nous avons besoin ! Un peu de respect s’il vous plait car grâce à elle ce soir vous appuierez sur un interrupteur pour voir clair !
La Bretagne n’est qu’une province de notre beau pays qui est la France. Au diable les guerres de clochers.
Gilbert,
L’Ile-de-France produit 2 % de son énergie ! Par contre, cette province francilienne pompe tout l’hexagone et les Dom-Tom en hommes, richesses et moyens. Nous finançons 8 millions d’habitants qui réquisitionnent plus de la moitié des budgets.
Cherchez l’erreur (l’horreur) ?
Bertrand Deléon.
@ Hubert et autres :
Vous êtes graves, tout le monde avait compris qu’on causait ici de la région administrative. N’allez pas chercher le mal où il n’est pas !
Si vous n’arrivez pas à « vivre » votre sentiment d’appartenance à la Bretagne à cause de la séparation administrative, il faut vraiment vous poser des questions !
Je suis Breton, je me sens Breton, j’en suis fier, mais alors, qu’est-ce que je m’en fous que le 44 ne soit pas rattaché administrativement ! Ce n’est pas ca qui diminue mon sentiment d’appartenance !