Le moulin à marée du Birlot s’est remis à moudre.

Situé dans un lieu enchanteur, l’île de Bréhat, dans les Côtes d’Armor, le moulin du Birlot a été sauvé des eaux par des passionnés de vieilles pierres. Réunis en association en 1994, ils ont pris le relais de la commune pour restaurer ce moulin à marée datant du 17ème siècle.

Dès cette époque, l’énergie de la mer était mise à contribution pour moudre froment, orge et blé noir afin d’en faire de la farine. Si le moulin tire partie des marées, il ne fonctionne cependant pas directement grâce à leur flux ou leur reflux, mais au moyen d’un étang qui fait office de réservoir. Lorsque la mer monte, l’étang se remplit. Lorsqu’elle se retire, l’étang reste plein jusqu’à ce que le meunier ouvre la vanne du passage de l’eau sous la roue. La roue ne tourne que lorsque elle est totalement libre et que l’eau est suffisamment redescendue (mi-marée). Ainsi, le moulin à marée dispose d’une énergie constante et prévisible contrairement à ses homologues de rivière ou à ses cousins à vent ! Au Birlot, comme il y a 3 heures de descente et 3 heures de remontée pour revenir à mi-marée, le meunier peut travailler 6 heures d’affilée. Et même renouveler l’expérience pendant la nuit, si besoin, totalisant ainsi 12 heures de travail par 24 heures !

Une vue du moulin à 360°

Mais lorsqu’en 1920 un boulanger qui fait venir sa farine du continent fait découvrir aux Bréhatins le pain blanc, le moulin cesse de moudre, et, n’étant plus entretenu, se détériore au fil du temps. Racheté par la commune en 1990, il est ensuite patiemment restauré par les membres de l’association créée pour sa sauvegarde. Et le 20 mai 2000, le moulin du Birlot moud à nouveau du blé noir !

Chaque hiver, le moulin est remis en sommeil. Il fait face aux grandes marées qui l’inondent, aux randonneurs qui prennent son déversoir pour un sentier, aux enfants qui jouent avec sa roue à marée basse… «Détacher la roue est très dangereux, rappelle Marie-Claude Duperré, secrétaire de l’association du Moulin du Birlot, si les meules en silex frottent l’une contre l’autre sans grain à moudre, on risque un incendie ! »
Mais à la belle saison visites et démonstrations reprennent. Pour faire face à l’entretien de cette machine délicate, une contribution de 2 euros est désormais demandée aux visiteurs.
Pour visiter le Moulin du Birlot, s’adresser au syndicat d’initiative de Bréhat.

Pour aller plus loin :
Une vidéo sur le moulin de Bréhat.
A Marennes, en Charente-Maritime, le moulin des Loges tire sa farine des marées depuis le 12ème siècle

Crédits photos : Bretagne Ile de Bréhat, Auteur : Patrick GIRAUD

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