Ce quartier de Châteauroux se chauffe par géothermie

A première vue le quartier Saint-Jean de Châteauroux, dans l’Indre, n’est pas un modèle d’urbanisme. Construit au début des années 70, ce quartier de 1500 logements HLM, ressemble avec ses barres d’immeubles à des milliers de cités semblables.
Pourtant, en 1981, une décision audacieuse est prise, qui non seulement va assurer la pérennité de ce quartier mais va lui permettre de rester dynamique et devenir exemplaire.
Cette décision fut de recourir à la géothermie pour son chauffage.

Un premier forage, réalisé en 1983, permit la mise en route d’une centrale géothermique associé à des pompes à chaleur. Complété par un second forage en 1988, ce dispositif permettait alors d’assurer 70% des besoins en chauffage de 1550 logements sociaux. Mais cette source de calories souvent présentée comme inépuisable vint à tarir. En 1997-98, des désordres du sous-sol font chuter le débit exploitable du premier puits, qui passe brusquement de 80 à 30 m3/h. Un forage plus profond (-630 m) est donc entrepris afin de restaurer le système. Désormais, ce forage fournit 100 m3/h d’une eau à 35°C.

Comme dans le même temps, en raison du plan de renouvellement urbain et de la démolition de certains immeubles, le nombre de logements sociaux de cette cité HLM est tombé à 1 100, il a été nécessaire, pour amortir tous ces travaux et éviter une augmentation des coûts de chauffage, d’étendre le réseau de chaleur. La société Scalis, le bailleur social immobilier, qui gère ces logements HLM a donc conclu des accords pour approvisionner trois nouveaux consommateurs : un nouvel immeuble de 27 logements, le collège Rosa Parks qui compte 900 élèves, et une maison de retraite de 45 lits. Aujourd’hui la centrale géothermique couvre 80 % des besoins énergétiques annuels de l’ensemble des usagers de ce quartier qui fait figure de modèle en maîtrise de l’énergie puisque il abrite la plus importante réalisation géothermique de la région Centre. Cette géothermie, qualifiée de basse température, permet de réduire de 30% (par rapport au gaz naturel) le coût du chauffage et d’éviter le rejet dans l’atmosphère d’environ 2000 tonnes de CO2 par an pour une communauté regroupant plus de 4 000 habitants.

Pour aller plus loin : Une conférence sur cette opération de géothermie

Crédits photos et schéma : Scalis

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