A Bordeaux comme à Paris, des hydroliennes au coeur des villes

Depuis plusieurs années, les acteurs français de cette énergie essayent de faire entendre leur voix au sein du « grand mix énergétique ». Car les scientifiques l’assurent : la France détient le deuxième gisement hydrolien d’Europe. Avec 6 GW, elle possède le potentiel nécessaire pour remplacer trois ou quatre centrales nucléaires. Notre pays concentre à lui seul 20% du potentiel hydrolien européen. Exception faite de l’usine marémotrice de la Rance, seule installation hydrolienne en activité dans l’hexagone, les projets refont surface, à la fois en mer, mais aussi, et c’est une nouveauté, au coeur de nos villes.

Juppé veut faire turbiner la Garonne

Le maire de Bordeaux écrivait cette année sur son blog : « L’enjeu écologique est évident: où trouverons-nous les 23% d’énergies renouvelables que nous nous sommes engagés à produire d’ici 2020 si nous ne jouons pas sur toute la gamme (y compris l’énergie des courants et des marées qui peut mettre en mouvement des turbines hydroliennes)?« . Le projet d’installer des hydroliennes sous le Pont de Pierre est porté depuis 2008 par le bureau d’étude de 2 océanographes, Marc Lafosse et Jérôme Cougoul qui expliquent : « La diminution de la largeur du fleuve, induite par les quinze piles du pont de Pierre, engendre un effet entonnoir où le courant de la Garonne s’accélère, passant de 2 à 3,5 m/s« . A terme, ils pensent pouvoir équiper dix des quinze arches de cet ouvrage du XIXe siècle permettant une production de 5 GWh annuel, soit l’équivalent d’environ 20% des besoins de l’éclairage public de la ville. La phase de test de 2 engins pourrait aussi se dérouler aussi en 2011, afin d’étudier le comportement du fleuve vis à vis de ces nouvelles installations.

Paris met l’hydrolien en Seine

La Mairie de Paris continue ses expériences écologiques en ayant lancé son appel à projet pour installer des hydroliennes sous certains ponts de la capitale. Ainsi, les ponts du Garigliano (XVIe), de la Tournelle, le pont Marie et le Pont au Change (IVe) pourraient accueillir 2 hydroliennes chacun. Ils ont été sélectionnés car à cet endroit là, les courants s’accélèrent un peu, profitant au rendement des élements qui pourraient être installés.

Denis Baupin, adjoint au maire chargé du développement durable relativise cependant : «De toute façon, on ne s’attend pas à des monts et merveilles avec ces techniques», mais il table sur un impact pédagogique de l’expérience, qui doit montrer aux Parisiens «toutes les puissances naturelles que nous avons à Paris et qui peuvent être exploitées».

Les sociétés intéressées (dont EDF) doivent ainsi rendre leur copie pour la fin de l’année, les lauréats devant être annoncés dès janvier 2011.

Si chez nous l’hydrolien semble juste émerger, d’autres pays comme l’Angleterre ou le Canada en sont déjà à des phases d’industrialisation des projets. Et en attendant, en France, l’eau continue de couler sous les ponts…

Crédits photo :
Deuxième Photo : hydrolienne fluviale SR-01, Sabella Energie Inc.

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