Tour Eiffel et Canal du Centre : un siècle d’hydraulique.

Un coup de piston hydraulique et on grimpe ! Savez-vous que les ascenseurs de la Tour Eiffel fonctionnaient à l’énergie hydraulique ? Et qu’en Belgique, des bateaux franchissent depuis près d’un siècle des écluses en prenant des ascenseurs hydrauliques ?
Lorsque Gustave Eiffel se demande comment faire grimper au ciel les visiteurs, la technologie des ascenseurs commence à être maîtrisée. Mais pas avec cette hauteur, pas avec cette inclinaison. Plusieurs ingénieurs imaginent alors toute une machinerie qui tournerait à l’hydraulique. Trois ascenseurs différents sont installés dans les différents piliers et permettent d’accéder au sommet en plusieurs étapes. Tous fonctionnent alors à la force hydraulique.

Le hic ? Les réservoirs d’eau qui assuraient la force hydraulique nécessaire et qu’il fallait surveiller comme le lait sur le feu dès premières gelées : certains ascenseurs ne pouvaient fonctionner de novembre à mars. Usé après 93 ans de service, celui du dernier tronçon a été remplacé en 1983 par deux cabines électriques. On peut voir la pompe d’origine au 1er étage. Les entrailles de la tour se cachent sous le pilier Est : s’y mêlent la machinerie hydraulique des ascenseurs qui date de 1899 et l’électronique de pointe du XXIe siècle. L’électricité a depuis longtemps remplacé le gaz et la vapeur, mais l’hydraulique est toujours là, associant eau à moyenne pression et huile à haute pression. On peut d’ailleurs visiter ce décor à la Jules Vernes, avec roues crantée, burettes, chiffons graisseux et… petites fuites d’eau.

En Belgique, encore plus impressionnants, quatre ascenseurs hydrauliques à bateaux ont été construits entre 1888 et 1917 sur le Canal du Centre pour compenser un dénivelé de 66 mètres.

Leur technologie est tellement remarquable qu’ils sont classés depuis 1998 au patrimoine mondial par l’Unesco. Encore en service, avec la machinerie et le mécanisme d’origine, ils fonctionnent comme une énorme balance.


Dans la balance géante, nous avons deux bassins, contenant le même volume d’eau et qui font donc le même poids. Ils sont reliés par une tuyauterie qui peut se fermer hermétiquement. Ainsi, lorsqu’un bateau entre dans le premier sas, en aval, il «pousse» l’eau dans le bassin en amont (selon la poussée d’Archimède et le principe des vases communicants) pour se mettre en balance. Les tuyauteries sont hermétiquement fermées et de l’eau est ajoutée en amont en fonction de la hauteur à gravir. Puis les vannes sont rouvertes, et le bateau monte.

L’énergie hydraulique méritait bien ce petit renvoi d’ascenseur historique.

Pour aller plus loin :

La construction de la Tour Eiffel, de ses ascenseurs hydrauliques et tous les détails.

Les 4 ascenseurs à bateau du Canal du Centre sur le site de l’Unesco

– Plus d’explications sur l’ingénierie des ascenseurs à bateau ici et ici

Crédits visuels : Canal du centre © Lancelot de La Flaque

Posts similaires:

Be Sociable, Share!