Des habitants pauvres du Caire produisent leur biogaz.

Lorsque certains habitants de Manshiet Nasser, un quartier de chiffonniers de la capitale égyptienne, servent du thé à leurs invités, il est chauffé avec du gaz «maison». Quelques foyers ont adopté depuis l’an dernier un système qui leur permet de produire du gaz de cuisine directement à partir de leurs propres ordures ménagères.
Le système a été imaginé par un scientifique indien, Anand Karve, qui a voulu reproduire… le ventre d’une vache ! Le procédé est en effet calqué sur l’appareil digestif d’un ruminant, qui n’est autre qu’un vraie petite usine à méthanisation. Il en est de même dans les poubelles indiennes ou cairotes : des bactéries «mangent» les déchets organiques et recrachent du méthane (70%) et du CO2 (30%) au fur et à mesure de leur développement.

C’est un ingénieur américain, Thomas Henry Culhane, qui a au l’idée d’implanter les mini-usines à biogaz, mises au point en Inde, dans ce quartier très pauvre du Caire. Souvent situé sur le toit des habitations, le réservoir doit dans un premier temps être rempli de fumier. Une colonies de bactéries s’y installe en deux à quatre semaines. Il ne reste alors plus qu’à leur donner de quoi manger – les déchets ménagers organiques – pour qu’elles produisent gentiment et discrètement environ une heure de biogaz pour chaque kilo de déchets engrangés.

Au Caire, traditionellement, les habitants se chauffent et cuisinent avec les «emboubas», de petites bouteilles de gaz achetées à des vendeurs ambulants, qui ne coûtent que très peu cher parce qu’elles sont massivement subventionnées par le gouvernement, l’Égypte étant un important producteur de gaz. Mais très peu, c’est déjà beaucoup dans le quartier très pauvre des chiffonniers.

L’objectif est donc d’équiper rapidement une centaine de familles, puis d’étendre le dispositif à des zones rurales, qui n’ont pas accès à d’autres sources d’énergie. Thomas Henry Culhane et son association Solar Cities cherchent aujourd’hui des subventions pour continuer à installer les fermenteurs, qui coûtent un peu moins de 200 €, soit trois fois le revenu mensuel des habitants de Manshiet Nasser. Du coup ils envisagent d’apprendre aux intéressés à se fabriquer leur propre fermenteur.

Pour aller plus loin :
Reportage sur Europe 1

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