L’aéroport puise de l’eau chaude à 1800 mètres.

Attachez vos ceintures : la géothermie débarque ! L’aéroport de Paris-Orly va bientôt se chauffer en pompant sous le tarmac.
Bâtiments et pistes sont situés à l’aplomb du Dogger, un réservoir d’eau naturellement chaude (56 à 85°C) de 15 000 km2, enfoui à 1 800 mètres de profondeur. Le forage des deux puits s’achève ces jours-ci, au terme d’un an de travaux et la centrale géothermique devrait être mise en service dès la fin de l’année, afin d’assurer une partie du chauffage des bâtiments de l’aéroport.
Il fallait oser se lancer dans un tel projet : une première pour un aéroport européen. Mais le système est relativement simple. Deux puits s’enfoncent dans la nappe, l’un pour aspirer l’eau à 74 °C, l’autre pour réinjecter l’eau en fin de boucle, à 40 °C. Situés côte à côte en surface, les deux forages s’éloignent l’un de l’autre au fur et à mesure qu’ils s’enfoncent, afin de favoriser la circulation, et de ne pas refroidir l’eau qui va être pompée. Celle-ci est ensuite acheminée vers un échangeur thermique situé en surface, qui transmet la chaleur au circuit d’eau chaude de chauffage de l’aéroport.

Par rapport au « tout gaz » actuellement utilisé sur le site, le doublet géothermique, d’une puissance de 10 MW (obtenue en puisant à un débit de 250 m3 par heure), devrait réduire la consommation de gaz de 4 000 tonnes équivalent pétrole, et éviter ainsi le rejet dans l’atmosphère d’environ 9 000 tonnes de CO2 par an. La chaleur issue de la géothermie sera d’abord distribuée dans les aérogares et bâtiments tertiaires, sur les branches Ouest et Sud du réseau de 35 km. Dans quelques années, le réseau Est devrait être relié, et l’aéroport compte d’ici 2020 assurer ainsi 30 % de sa consommation totale d’énergie.

Pour en savoir plus :
- Aéroports de Paris
- Le Dogger

Crédits photo : Photo 1 Air France Corporate
Photo 2 : ADP

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