A Dijon le tram roule à l’énergie locale

Fin 2012. C’est la date à laquelle le tramway de Dijon devrait être mis en service, après deux ans de travaux.  La ville qui souhaite devenir une référence écologique en France a innové dans la manière d’approcher le contrat de gestion de son futur tramway et compte faire rouler celui-ci principalement grâce aux énergies vertes produites localement.
Le partenariat public-privé signé entre le Grand Dijon et Ineo (expert en génie électrique de la Branche Energie Services de GDF SUEZ) est orienté vers la maîtrise des coûts énergétiques et constitue une première en France sur ce type de prestation.

Après avoir acheté les rames du tram en groupement avec Brest et réalisé une économie d’échelle substantielle (de l’ordre de 25 %), le Grand Dijon innove donc avec ce partenariat  portant sur la conception, la construction, la maintenance et le financement de l’ensemble des équipements électriques et systèmes de commande des deux futures lignes de tramway, ainsi que sur la gestion de l’approvisionnement en énergie.

Ce contrat, d’un montant total de 176 millions d’euros, sécurise pendant 26 ans les coûts énergétiques de tous les postes énergétiques liés au tramway. Concrètement, il s’agit d’avoir un tarif déterminé par un même prestataire et de se prémunir contre les risques associés à la libéralisation du marché de l’électricité, et notamment de la fin des tarifs régulés prévue pour 2015. L’énergie est en effet un poste important dans les coûts d’exploitation d’un tramway, et le contrat garantit la maîtrise de l’approvisionnement à un coût défini, quelle que soit l’évolution des prix sur le marché.

La maîtrise de ces coûts n’est pas que contractuelle car c’est en partie à l’énergie verte et locale que va rouler le tram. Un audacieux cocktail associant l’ensemble des énergies renouvelables disponibles localement: hydraulique, solaire, biomasse. L’occasion aussi de les développer : le contrat prévoit qu’Ineo installera plus de 6 200 modules photovoltaïques sur les toits et les ombrières du futur centre de maintenance des tramways et des bus. Ces panneaux seviront à alimenter le tram. Production attendue : 1,3 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 500 foyers, et 120 tonnes de CO2 évitées. Autre source d’énergie locale pour le tram : le turbo-alternateur de l’usine d’incinération, dont la production électrique sera elle aussi orientée vers les besoins du tram. De substantielles économies en perspective et une démarche cohérente avec la volonté d’exemplarité affichée par la communauté d’agglomération.

Enfin, dans la logique du Développement Durable, le projet associe à ce volet environnemental des aspects économiques et sociaux, engageant le groupement à confier 70 % des prestations de maintenance et de renouvellement des équipements à des entreprises locales. Au final, 50 % des investissements seront gérés par des entreprises dijonnaises et le projet prévoit l’emploi de 10% des personnes en difficulté d’insertion. De quoi montrer la voie à d’autres collectivités locales !

++ Tramway de Dijon

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