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Renouvellement des concessions d’ici 2015

Une ressource colossale

10% de l’électricité produite en Europe provient de l’hydroélectricité. Et la France, par sa production devance 25 pays de l’Union Européenne. La majeure partie de cette production électrique nationale provient de nos barrages. Or les quelques 400 concessions hydroélectriques de l’Hexagone arrivent à expiration. Le gouvernement a décidé d’ouvrir à la concurrence l’exploitation d’une première grappe de 51 centrales hydroélectriques entre 2010 et 2013, soit 20% du parc français. De quoi susciter bien des convoitises…

Afin de créer des « ensembles cohérents sur le plan énergétique et environnemental« , l’Etat a décidé de regrouper par vallée ces 51 barrages et ouvrages hydrauliques. Les candidatures seront donc ouvertes dès 2010 pour les ouvrages de la vallée de l’Ossau (Pyrénées-Atlantique), et du Lac Mort (Alpes). Les gros morceaux tels que la vallée de la Truyère (2.014 MW), de la Dordogne (1.551 MW) et de Bissorte (882 MW), lanceront leurs appels à candidatures entre mi-2011 et mi-2012. Les concessions hydroélectriques dans les Alpes (Vallée du Drac, chaîne du Beaufortain et station de pompage de Bissorte), les Pyrénées (Vallées d’Ossau, du Louron et de la Têt) et le Massif Central (vallée de la Dordogne et de la Truyère) seront attribuées entre 2013 et 2015.

En effet, jusqu’à maintenant, les concessions hydroélectriques françaises ont été renouvelées de gré à gré, sans mise en concurrence. Mais EDF, qui gère 640 barrages et 447 centrales hydrauliques français (pour 12% de la production électrique), a perdu en 2008 le droit de préférence dont il disposait lors du renouvellement des concessions hydrauliques.

Une manne pour les industriels

Les ouvrages étant pour la plupart anciens, les équipements, payés alors par le contribuable, ont été largement amortis ! A Génissiat par exemple, le plus gros barrage de l’Hexagone, chacune des six turbines rapporte 4000 euros par heure et produit 60 à 70 MWh d’électricité (le prix de vente moyen de l’électricité se situant autour de 55 euros le MWh). Or le coût de production, lui, se situe autour de 20 euros par MWh, soit 1400 euros maximum par turbine. Le calcul est des plus rapide : chaque heure l’exploitant (en l’occurence GDF Suez) dispose d’une marge de 2600 euros /turbine !

Le-Barrage

De quoi offrir de beaux gâteaux, pour 30 ou 40 ans, aux nouveaux industriels qui veulent entrer dans la bataille ! L’enjeu pour EDF sera de perdre le moins d’ouvrages possible ! A ce jour, 80% des barrages français sont actuellement exploités par EDF et 17% par GDF Suez via la Société hydroélectrique du midi (Shem) et la Compagnie nationale du Rhône (CNR). Mais au delà de GDF Suez qui veut grapiller des parts de marché, les opérateurs étrangers comme l’autrichien Verbund (actionnaire du français Poweo), le canadien Hydro-Québec ou le norvégien Statkraft (qui exploite déjà 225 centrales dans son pays!) sont déjà sur les rangs.

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