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Dans les goudrons, il peut y avoir du végétal !

Le réseau routier français représente près de 750 000 km de voies diverses (autoroutes, nationales, départementales), presque autant qu’un aller/retour Terre-Lune ! Pour construire et entretenir ces routes, le bitume est le matériau le plus largement utilisé. A l’heure du pétrole de plus en plus rare et cher, la problématique de ce liant reste qu’il vient (sous sa forme la plus utilisée) exclusivement du pétrole !

Par ailleurs, au delà de l’enjeu sur la ressource pétrolière, la construction des routes soulève un autre enjeu majeur pour 4200 travailleurs : la santé. Qui n’a jamais vu ces ouvriers, travaillant l’été, dans une chaleur étouffante , exposés directement aux fumées cancérigènes des bitumes chauds?

A l’origine de ces fumées, les « fluxants » , qui ont pour fonction de ramollir le bitume pendant son stockage et sa mise en œuvre, puis par évaporation d’assurer une remontée en consistance du produit final.

Les problématiques environnementales et sanitaires liées à ces produits, ont amené les industriels, à réfléchir depuis près de 15 ans à la manière de remplacer ces produits par des moins impactants ! Ainsi, depuis 2001, on assiste au développement, en tant que « fluxants », d’huiles végétales comme les huiles de colza ou de tournesol.

C’est le cas de l’Oléoflux 18, un produit breveté fabriqué à partir d’esters méthyliques d’huile végétale (EMHV) et commercialisé par Oléoroute, un groupement d’intérêt économique (GIE) créé par Appia et Diester industrie.

Il présente l’intérêt de ne pas rejeter de COV lors du séchage. En outre, il présente un point éclair plus élevé, donc il reste moins dangereux, que les solvants pétroliers (le point éclair étant : la température à partir de laquelle un produit pétrolier dégage assez de vapeurs pour former un mélange inflammable).

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L’idée de créer un solvant végétal pour les bitumes date de 1996, quand les industriels se sont rendus compte qu’on pouvait mélanger du Diester au gasoil, lui aussi issu du pétrole. Après des chantiers expérimentaux concluants en 1997, les volumes de commercialisation ont augmenté permettant de faire passer ce produit en phase industrielle. En 2005, le GIE couvre ainsi 15% du marché des fluxants destinés à la route, prouvant ainsi la percée et l’intérêt des ces substituts d’origine végétale.

Dans la lignée, des produits concurrents à l’Oléoflux 18 sont apparus, comme le Végécol, lui aussi issu d’origine 100% végétale, breveté par la société Colas, et dont les premiers essais grandeur nature ont été réalisés en 2003.

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Toujours plus utilisés aujourd’hui, car poussés par les réglementations européennes en raison de leurs avantages sanitaires et environnementaux, ces substituts végétaux ont montré leurs performances et leur adaptabilité à divers usages. Pouvant être colorés, ils sont aussi utilisés aujourd’hui pour différencier des voies comme les pistes cyclables et autres terre-pleins.

++ Prolea

++ Vegecol

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