reunionvagues

L’île puise dans ses eaux deux ENR innovantes

Depuis longtemps les surfeurs apprécient les vagues de l’île de la Réunion, et les plongeurs ses eaux profondes. Celles-ci devraient désormais attirer également les investisseurs…

Deux projets pilotes prévoient en effet de tirer profit de ces ressources : utiliser la houle pour produire du courant, et tirer partie de la situation géographique idéale de l’île pour exploiter les températures de ses flots. En effet, la différence de température entre les eaux de surface et les eaux du fond de l’océan y est constante tout au long de l’année. L’eau de surface plafonne à 25 degrés tandis qu’à -1000 mètres le thermomètre affiche 5 petits degrés seulement. De quoi, là encore, produire une électricité renouvelable grâce à un procédé innovant : l’Energie Thermique des Mers (ETM).

ETM offshore

Pour synthétiser, l’ETM consiste à tirer partie de la différence de température entre les eaux des grands fonds (5°) et celles de surface (25°) pour produire de l’électricité grâce à une machine thermique. C’est, en gros, le principe de fonctionnement de nos centrales électriques. Toute la difficulté réside dans l’ancrage à 1000 mètres de fond et dans la résistance des tuyaux.

ETM_reunion

A l’heure actuelle, après une première phase d’études concluantes, le projet entre dans une phase de tests . Le gisement énergétique est colossal. L’objectif à long terme ? Rien de moins qu’« atteindre l’autonomie en énergie électrique d’ici 2025, en exploitant l’ensemble des énergies marines« , explique-t-on à la Région Réunion.

Un premier prototype, à terre et à échelle réduite devrait voir le jour dès 2011 à l’IUT de Saint-Pierre. Cette réplique d’un des quatre modules énergétiques de la future centrale d’Energie Thermique des Mers (ETM)permettra non seulement de tester la technologie mais il permettra aussi de former les ingénieurs et techniciens qui travailleront sur la future plateforme ETM. La centrale, d’une puissance de 10 MW pourrait être construite en 2015. Coût : 400 millions d’euros. Objectif : alimenter en électricité environ 10 000 foyers pendant 25 ans !

L’autre projet, appelé Seawatt , connaît une évolution semblable. Il s’agit cette fois d’exploiter la houle, c’est-à-dire la force des vagues.

Pelamis

Le moyen : un système baptisé Pelamis : des cylindres métalliques reliés entre eux flottent et ondulent. A l’intérieur de ces tubes, des vérins hydrauliques convertissent la puissance du mouvement en électricité, qui est là encore rapatriée à terre aux moyens de câbles sous-marins.

pelamis

Cet ingénieux système est d’ores et déjà utilisé en Ecosse et au Portugal.


France 2 JT Pelamis
envoyé par GPPEleven. – L’actualité du moment en vidéo.

Ce procédé surprenant n’a rien d’un serpent de mer. 1,5 million d’euros ont déjà été investis dans les études de faisabilité. Dès l’année prochaine, un démonstrateur de 3MW devrait être raccordé au réseau EDF. Et si la démonstration est concluante,entre 2012 et 2014, il est prévu d’implanter une centrale houlomotrice de 30 à 40 MW, représentant l’alimentation en électricité de 20 000 foyers.

Reste à espérer que ces deux projets fassent des vagues !

Pour en savoir plus :
sur l’ETM et sur la centrale houlomotrice

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