L’hydroélectricité 1ère source d’énergie renouvelable au Canada.

Qu’est-ce que l’hydroélectricité ? C’est tout simplement une forme d’énergie électrique produite à partir de la chute de l’eau dans une centrale, aménagée sur un cours d’eau (petit ou grand).

De toutes les énergies renouvelables sur le marché, c’est celle que l’on produit et utilise le plus (14 fois plus …) et elle engendre 35 fois moins de gaz à effet de serre qu’une centrale au gaz naturel !

Pour produire du courant, on accumule de l’eau derrière un barrage en amont de la centrale et en hauteur. C’est la chute de cette eau qui fait tourner des turbines, qui actionnent une génératrice qui produit le courant. Plus le débit et la hauteur de la chute sont importants, plus la centrale peut produire de courant.

Durant notre voyage de 3 mois au Canada, nous avons eu l’opportunité de croiser beaucoup de centrales hydroélectriques, c’est une des premières sources d’énergie du pays !

L’utilisation de l’hydroélectricité en Amérique du Nord s’est faite de façon progressive, depuis les années 1850.

A cette époque, on utilisait la force de l’eau pour faire tourner des moulins. L’hydroélectricité fait vraiment son apparition au cours des années 1880, peu de temps après les débuts de la production, par Thomas Edison, de génératrices à courant continu.

Au début, l’utilisation de la production hydroélectrique est limitée par la puissance de la centrale électrique, ainsi que par des problèmes de transport de cette énergie.

Dans les années 1890, le transport de l’électricité longue distance sans perte excessive devient possible avec le développement de transformateurs qui permettent de transporter le courant alternatif sous haute tension.

Le Canada commence alors à construire des centrales de plus en plus importantes et puissantes.

De 1920 à 1950, les centrales hydroélectriques produisent plus de 90% de la capacité totale de production du Canada ! Toutefois, ce pourcentage diminue après les années 1950 avec l’arrivée des centrales thermiques à combustible fossile qui constituent un remplacement à prix compétitif. Depuis les années 80, l’hydroélectrique, toujours très présent, fourni 70% de la consommation électrique du pays, un beau score pour une énergie renouvelable !

Le principal désavantage économique de l’énergie hydroélectrique, c’est son prix à l’investissement … Pour être rentable, la centrale doit être construite sur un site à fort débit (souvent loin des habitations ce qui augmente le prix du transport de l’énergie), elle doit être grande et la construction est longue et coûteuse. Ces arguments sont à contrebalancer avec la durabilité de l’installation ainsi que le faible coût d’exploitation.

Au Canada, les écologistes, pourtant partisans de l’utilisation des énergies renouvelables, insistent sur les répercutions désastreuses de ces centrales sur la faune et la flore. Après des années d’exploitation, il n’y a guère que les petits ruisseaux qui ne soient pas entrecoupés de barrages. La stagnation de l’eau, ainsi que la modification de l’écosystème par le changement du cours de l’eau et la retenue du flux est parfois désastreuse pour les humains (agriculture) autant que pour la nature.

Lors de notre visite de la station «Sir Adam Beck II» qui traîte le potentiel des chutes du Niagara (152 millions de litres/minutes au printemps lors de la fonte des neiges), il nous a été présentés comme une grande réussite les faits suivants :

Contrôle du flux du fleuve complet : une station,quelques centaines de mètre en amont des chutes, contrôle tout. En période touristique, les chutes sont « normales » de 9h à 17h, pour permettre au touriste lambda (nous par exemple) d’admirer la puissance des chutes. Avant et après ces horaires ou hors-saison, entre 50% et 70% du flux est redirigé vers le bassin de stockage (énorme retenue d’eau stagnante créée artificiellement) qui sert de tampon pour alimenter la station (bien évidemment une régulation s’opère si le bassin est plein).

– 2 tunnels souterrains ont été creusés afin d’amener plus d’eau (il était impossible de dévier plus d’eau en surface dû notamment aux habitations). A 140 mètres de profondeur, ces 2 tunnels mesurent 10,4 km de long et ont un diamètre de… 14,4 m. Ils relient l’amont des chutes à la station.
Ceci remet en tête, s’il en était besoin que lorsque l’on parle d’« infrastructures lourdes », c’est une expression justifiée.

Aujourd’hui, d’autres solutions plus légères émergent, comme le micro hydro-électrique : il permet de marier certains avantages du gros hydroélectrique, tout en gommant en grande partie ses grands inconvénients. On appelle micro hydroélectrique, toute installation fournissant moins de 100kW. Pour la plupart, l’idée est de récupérer un site abandonné (tel un ancien moulin) et d’en utiliser le potentiel avec un minimum d’impact. Bien évidemment les applications sont différentes et plus locales.

En prenant un peu de recul, on en revient au dilemme local/national, au Canada comme ailleurs. Toute production d’énergie « classique » est aujourd’hui centralisée. En France, une soixantaine de centrales nucléaires (pour ne citer qu’elles) alimentent la boucle d’énergie du réseau et assurent une grande majorité des besoins du pays (et même de nos voisins). Doit-on continuer à envisager les énergies renouvelables uniquement de façon globale, telles que le sont les énergies fossiles, ou le nucléaire ? Grosses éoliennes ? Centaines d’hectares de panneaux solaires ?

Et si au lieu de chercher à toujours produire plus on se contentait de chercher à produire différemment et à perdre moins lors de la production et surtout de l’acheminement ?

Pourquoi ne pas chercher à créer une multitude de sites de production locaux, mixtes (qui utiliseraient par exemple du solaire, de l’éolien, de la biomasse et du micro hydroélectrique quand c’est possible pour limiter les intermittences qui alimentent souvent les argumentaires des détracteurs) ? L’énergie produite dans ces sites ne serait utilisée que localement, minimisant ainsi les pertes de transport. La décentralisation de la production ainsi que l’utilisation massive d’énergies renouvelables apporterait une indépendance non négligeable par rapport aux fluctuations du prix du marché de l’énergie mondial.

Un système de production local permettrait de véritablement se rendre compte des moyens de production nécessaires à sa propre consommation et ainsi mettre le pied à l’étrier du vrai changement qui doit accompagner le déploiement des énergies renouvelables : la réduction jusqu’à la suppression du gaspillage énergétique collectif et individuel.

Crédits photo :http://farm3.static.flickr.com

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