La géothermie est un mode de chauffage ou de création d’énergie, utilisant l’énergie de la terre ou du sous-sol. En Nouvelle-Zélande, c’est une définition que l’on n’oublie pas ! Le pays est exposé à des phénomènes géothermiques d’une très grande force de part son chevauchement de la plaque pacifique sur la plaque indo-australienne. Une très grande faille, dans le milieu de l’île du nord, le porte littéralement à ébullition. Cette région est régulièrement tourmentée par les tremblements de terre, les éruptions volcaniques et les tsunamis.

Dans la ville de Rotorua, connue pour ces curiosités géothermiques accessibles et très visitées par les touristes, nous avons découvert l’incroyable potentiel de cette immense énergie.

boue

Les Maoris (le peuple premier de la Nouvelle-Zélande), l’avaient compris dès leur arrivée sur l’île, il y a plus d’un millénaire. La terre est ici source de beaucoup de bienfaits.

Que ce soit pour cuisiner, réchauffer, guérir certains maux ou simplement détendre, la géothermie est un atout du pays. On retrouve des vestiges de l’utilisation des bains bouillonnants, des geysers, des fumerolles et des sources chaudes tout le long du chevauchement des deux plaques tectoniques.

C’est en 1958 que débute l’exploitation de ces phénomènes naturels pour la création d’énergie électrique. Après plusieurs années désastreusement sèches, le gouvernement décide de laisser momentanément de côté l’hydroélectricité, au profit de la géothermie.

Aujourd’hui, la Nouvelle-Zélande est fière d’annoncer que 10% de l’électricité produite et utilisée résulte de l’exploitation des fumerolles et sources chaudes de la région de Taupo ; Ce chiffre est appelé à augmenter d’ici quelques années.

geyser

– Comment ça marche ?

Dans certaines régions du monde, comme en Nouvelle-Zélande, en Islande, au Canada ou au Japon, la croûte terrestre est mince, fragilisée par le mouvement des plaques tectoniques. La pression exercée par la chaleur dans le sous-sol ne peut plus être contenue et quelques failles se forment où la chaleur du magma s’échappe sous différentes formes. Les températures atteintes à la surface peuvent être très élevées et dans ce cas-là, exploitables par des usines géothermales pour transformer la vapeur en électricité.

L’eau chaude/vapeur est utilisable de différentes façons :

– Sous les 70 °C, on utilise l’eau chauffée naturellement par la roche pour la mise en place de sources chaudes de baignade.
– Sous les 140 °C, la vapeur est utilisée directement pour le chauffage de bâtiments ou pour le chauffage de l’eau domestique.
– Au-dessus de 140°C, on utilise la vapeur pour faire tourner des centrales à cogénération (le plus souvent turbine vapeur plus turbine gaz). Ces dernières nécessitent une température d’entrée plus faible.
– Au-dessus de 220 °C : la vapeur fait tourner des turbines vapeurs à haut rendement pour produire de l’électricité ou est utilisée dans des processus industriels spécifiques.

Vous aurez compris que selon la température à l’arrivée à la surface, la chaleur est transportée par de l’eau et/ou de la vapeur. Voici les grandes étapes du processus de traitement de l’énergie, incluant la séparation éventuelle eau/vapeur :

Extraction : l’eau est détournée d’une rivière souterraine naturelle grâce à un forage. Le débit est contrôlé.
Traitement : la vapeur et l’eau sont séparées, les impuretés éventuelles filtréees.
Echange de chaleur : la vapeur est utilisée pour faire tourner des turbines ou alimenter un système de chauffage. L’eau chaude quant à elle alimente un échangeur de chaleur (pour chauffer de l’eau à plus basse température, ou pour du chauffage domestique). Elle peut également servir pour les centrales à cogénération, comme expliqué ci-dessus.
Rejet : les gazs (de la vapeur d’eau) sont rejetés dans l’air, les eaux chaudes sont, elles, le plus souvent réinjectées dans le sol. Tous les fluides sont traités avant le rejet (anti-tartre).

champagnepool

Dotée d’un gros potentiel, l’énergie géothermique utilisée à grande échelle nécessite de grosses installations dont l’impact sur l’environnement est non-négligeable. Cependant, les rendements des centrales à cogénération, souvent qualifiés de très importants (80 à 90%) du fait que ce n’est pas un rendement à proprement parler, mais plus un COP (Coefficient de Performance, comme sur les pompes à chaleur), rendent tout de même l’exploitation de cette énergie justifiée. Mais comme partout, n’oubliez pas l’axiome : la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas !

Crédits photo : http://lh4.ggpht.com

Posts similaires:

Be Sociable, Share!