Puffin, le monoplace expérimental de la NASA.

Je me souviens que le premier janvier 2000, j’appelais une amie et lui disais, en regardant par la fenêtre, « où sont les voitures qui volent ? ». Il est vrai que malgré les progrès de l’informatique, de la miniaturisation ou l’essor météorique d’Internet, ma génération n’a jamais vue la fameuse « voiture de l’an 2000 » dont Roger Gickel on nous annonçait la naissance proche.

Puffin, le monoplace expérimental de la NASA, pourrait montrer à quel point la propulsion électrique peut transformer notre vision de l’aviation. Il ne ressemble à rien de moins qu’une combinaison de vol ou d’un jet pack, avec un cockpit. Là, on est dans le futurisme, et pour une fois ce sont des gens vraiment sérieux et pas franchement orientés tiroir-caisse qui s’en chargent.

Sur le terrain, le Puffin est conçu pour stationner sur la queue d’où sortent quatre supports qui servent de train d’atterrissage.

Quand le pilote se prépare à décoller, les volets s’inclinent pour garder l’avion sur le sol jusqu’à ce qu’il soit prêt à décoller. Puffin décolle, atteint un vol stationnaire et ensuite s’incline pour voler à l’horizontale, le pilote couché comme dans un planeur.

Le tout pour un poids hallucinant de 135 kilogrammes, dont 45 kilos de piles rechargeables au lithium phosphate.

En principe, le Puffin peut atteindre une vitesse de croisière de 240 km/h, pour une vitesse maximale de 480 km (wouhou !). Il n’a pas de plafond de vol, car il n’utilise pas l’air ambiant comme les moteurs d’avion classique. Puffin peut donc monter jusqu’à environ 9150 mètres avant que sa puissance soit trop basse et le force à entamer sa descente. Avec les batteries actuelles, Puffin a une portée de 80 kilomètres seulement, mais l’agence spatiale américaine prévoit de tripler la puissance des batteries dans les cinq à sept prochaines années, pour une autonomie de 240 à 320 kilomètres en 2017.

Cette conception repose sur des moteurs électriques, qui sont efficaces quelle que soit leur taille, alors que les moteurs à combustion interne perdent en efficacité en rapetissant. Et comme un moteur électrique utilise 95% de la puissance qu’on y injecte, contre 18 à 23% pour les moteurs d’avions, le Puffin peut transporter une personne en déployant une puissance de 60 chevaux seulement.

Avec un niveau sonore de 50 décibels, soit environ le volume d’une conversation, Puffin est environ 10 fois plus silencieux que les hélicoptères actuels. Hormis le potentiel de défense, cette furtivité permet de voler tout près des agglomérations, voire d’atterrir dans son jardin sans que les voisins aient à monter le volume de la télé.

Et comme les moteurs électriques sont si efficaces, ils génèrent aussi beaucoup moins de chaleur.

Cela leur donne une signature thermique plus faible pour les activités de défense, mais cela signifie aussi qu’ils n’ont pas besoin de la même quantité d’air de refroidissement que les moteurs à combustion interne, ce qui réduit la traînée aérodynamique et les rend – encore – plus performants.

Parce que les moteurs électriques ont moins de pièces mobiles, ils sont 10 ou même 20 fois plus fiables que les moteurs à pistons. En outre, la conception du Puffin permet aux pièces d’un de ses deux moteurs électriques de tomber en panne sans aucune réduction de puissance.

Même s’il n’y a pas encore de plan de production ou de commercialisation, ce projet est trop magnifique pour rester dans un placard, surtout quand on sait à quel point la Nasa est fauchée et que, vu qu’Obama vient de ruiner son espoir de retourner sur la Lune, elle aura besoin d’exister avec d’autres réalisations.

Crédits photo : http://palscience.com

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