
Walking in your footsteps. (Crédit : NSF)
On le pressentait, mais l’organisation météorologique mondiale (OMM) l’a confirmé dans son rapport : le réchauffement climatique s’emballe. L’automne 2009 est, en France, le plus chaud depuis la fin du 19e. C’est officiel, les prévisions les plus pessimistes du GIEC sont dépassées : si l’on continue à ce rythme, la température globale augmentera de 6 degrés en 2100.
Pour donner l’exemple inverse, six degrés de moins, ça donne une ère glaciaire. Six degrés de plus, c’est un climat que l’on n’a pas vu depuis 150 millions d’années, quand les dinosaures bouffaient du palmier au pôle nord.
6 degrés de plus, ça veut dire le désert jusqu’à Madrid, la ruine de l’agriculture mondiale, deux milliards d’affamés en plus. Ca veut dire 6 à 9 mètres d’augmentation du niveau de l’océan. Ca veut dire Marseille sous l’eau. Le Havre. Liverpool. Toute la côte portugaise. Toute la côte du Maghreb. Toutes les villes côtières d’Inde. Du Moyen-Orient. Du Japon. La moitié de la Floride. Sous l’eau. L’Amérique centrale, sous l’eau.
Six degrés de plus, ça veut dire la forêt amazonienne qui disparaît dans un gigantesque incendie, entre 2030 et 2050. Six degrés, ça veut dire que la population mondiale quitte les zones équatoriales pour aller vers le nord, poussée par la faim et les inondations. Le Sud qui s’enfuit, et le Nord qui fait tout pour les empêcher d’entrer. Ca veut dire des guerres, voire une guerre mondiale. Ca veut dire une facture colossale, la faillite de l’économie de marché.
Six degrés de plus, c’est la fin de la civilisation. La fin des jours. Un truc de film catastrophe, biblique. Si vous avez mon âge, c’est pour vos petits-enfants. Ca vous parle, maintenant ?
Je me souviens du commencement. 1986. Un été indien magnifique, en Lacoste dans la cour du lycée. La première fois où j’ai entendu la radio parler d’effet de serre, pendant le petit-déjeuner. Et mon père, homme de peu de mots, qui baisse la tête et dit : « ils sont en train de nous bousiller la planète ». 1988, l’hiver le plus chaud du siècle. Record battu en 2007, d’ailleurs. 88, 89, 90, des années si chaudes qu’on disait – à tort - que le pinard ne serait plus jamais aussi bon de notre vivant. Alors il y a eu Kyoto, en 92. Le sommet qui devait sauver le climat. Un peu comme le sommet de Cancun en 1981, qui devait sauver le tiers-monde. Un ballet sordide de vœux pieux, de vaines promesses et de reculades déculpabilisées.
On dirait vraiment que c’est dans nos gènes, que l’Homme est incapable de prévoir sur le long terme. Comme le primate, on délaisse toute activité qui n’apporte pas un résultat immédiat, ou proche. Et on vit sa vie. « Le jour où un écologiste sera président de la République, c’est que les arbres auront le droit de vote », disait Coluche. Et maintenant, il y a Copenhague. Ce sommet est peut-être notre dernière chance de sauver les meubles, d’éviter la catastrophe, comme disait Gordon Brown. On notera au passage que ce n’est plus un mec en blouse dans son labo qui joue les cassandres. C’est le premier ministre britannique. Regardez cet extrait d’Apostrophe, en 1979, c’est édifiant.
Et pourtant la solution est si simple, si proche qu’on pourrait la toucher. On arrête le pétrole, le charbon. On passe aux énergies renouvelables, à grande vitesse, sur les dix prochaines années. Si on interdisait aux voitures non-hybrides ou à essence classique de rouler, on ferait baisser les émissions de plus de 10%.
Il suffit de le vouloir. Votez pour ça. Limitez vos déplacements en voiture. Prenez le train sur les grandes distances. Chauffez-vous et climatisez-vous à la géothermie. Recyclez vos déchets. Faites savoir à nos élus qu’il faut réussir Copenhague, et les autres sommets, qu’il faut agir concrètement pour nous éviter le pire, pour sauver les habitants du monde.
On n’en est plus au combat idéologique, à l’échange d’opinions, de points de vue. Il n’y a plus rien à débattre, les faits ont là. Changeons.










[...] Pour reprendre ce qui est dit sur le site “Faites le plein d’avenir” [...]
[...] rythme, on va prendre 6° d’ici à 2100. Six degrés, ça n’a l’air de rien, mais c’est la fin de l’espèce [...]
très bon article. oui ca fait peur et il y a encore des gens à penser que la réchauffement climatique n’est pas la cause de l’homme mais une évolution naturelle…
Je ne sais pas si mes petits enfants verront ce monde car je n’ai même pas envie de faire des enfants et leur offrir un monde décadent…j’ai 27 ans.
J’ai choisi de travailler dans les énergies renouvelables mais je m’aperçois que la rentabilité est encore le critère majeur.
j’ai parfois l’impression que même s’il on veut agir pour notre planète, nous sommes tout simplement bel et bien foutus, l’homme reste homme, autodestructeur.