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La Silicon vallée regorge vraiment de ressources… non pas naturelles, mais cérébrales. En l’occurrence, le cerveau en question s’appelle Thomas Quinn. Après avoir inventé les premiers protos de détection de mouvement appliqués aux jeux vidéos (et par là même révolutionner le monde des jeux vidéos), il a revendu son ancienne entreprise pour se lancer dans un défi encore plus fou : s’attaquer sournoisement au lobby du pétrole, et faire le pari que nous pourrons rouler demain avec du carburant fait maison. Il a un peu trop rêvé de la Doloréane et de son mixeur fou me direz vous… pas si sûr…

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Thomas Quinn part du constat simple : nous ne pourrons suppléer au mode de déplacement que nous avons aujourd’hui avec les voitures électriques. Le futur se situe donc pour lui dans un remplacement liquide au pétrole. Et quand on dit liquide, il pense « éthanol« , cette substance que l’homme a appris à fabriquer depuis l’antiquité, par fermentation, et qui peut se faire à partir de déchets organiques.

« Nous avons passé trois ans à développer un système susceptible de digérer tout type de déchets organique riches en sucre et suffisamment facile à opérer ». Quand Thomas Quinn dit « nous« , c’est parce qu’il est allé chercher sur google puis dans la vraie vie un des spécialiste mondiaux de l‘éthanol : Floyd Butterfield

La société qu’ils ont monté produit ainsi le MicroFueler, la machine permettant de fabriquer son propre éthanol chez soi.

En France, ça ne serait pas forcément autorisé, cependant, aux USA, une loi datant de l’embargo pétrolier des années 70 permet aux particuliers de fabriquer leur carburant à raison de 10 000 gallons, soit 37 854 litres par an et 500 000 gallons pour les entreprises (1,892 millions de litres). Seule condition à ce système, ne pas commercialiser, et l’utiliser en interne.

Il se pourrait donc qu’à 10.000$ l’unité, plus des crédits d’impots associés, le MicroFueler ait de beaux jours devant lui. Les seules limites à ce système :

  • il faut d’abord apprendre à faire son éthanol et à ne pas faire n’importe quoi… d’où la nécessité de suivre une formation
  • les ménages ne produisent « heureusement » pas assez de déchets organiques, donc il faudrait pouvoir travailler sur l’approvisionnement
  • la nécessité d’équiper son véhicule pour qu’il puisse accepter l’éthanol.
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    Côté fabrication, pour obtenir le gallon américain (3,78L), il faut 45 kg de déchets organiques auxquels on ajoute 6 kg de sucre. Pas simple donc de s’imaginer faire ça seul chez soi ! L’entreprise (E-Fuel) a calculé qu’un particulier qui trouverait la matière première nécessaire aurait son gallon d’essence à 0,25$, contre 3$ actuellement à la pompe. En attendant, E-Fuel fabrique aussi, grâce à son partenariat avec les fabricants de bière américains, son propre éthanol qu’elle revend 2$ le gallon. Même avec ce prix là, il suffit de 2 ans pour rentabiliser le MicroFueler, cette fameuse pompe personnelle d’une contenance de quasiment 1000 litres.

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    Pour l’heure, on en est encore aux premiers protos puisque la seule pompe particulière est installée chez le boss de l’entreprise qui commercialise le produit. Cependant, les fabricants de bières – intéressés – se sont portés volontaires pour tester ceci sur leur flotte de véhicules. Même les politiques comme le super-governor de la Californie en ont parlé en conférence de presse, et d’autres sportifs (Shaquille O’Neal) sont actionnaires de la société.

    Machine miracle, ou feu de paille ? je suis persuadé que si ça fonctionne, on ne va pas mettre longtemps avant d’en voir fleurir un peu partout le long de la route 66. De là à imaginer la doloréane de « Retour vers le futur « et son « mixeur-composteur-carburant » opérationnel, il n’y a qu’un pas (et pas mal de technologie quand même)…

    Ci-dessous, la petite vidéo de présentation comme savent si bien les faire les américains.

    ++Microfueler

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