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Il y a comme ça des idées simples auxquelles on n’aurait pourtant pas pensé. Les hollandais, grands bâtisseurs et constructeurs de canaux ne sont pas en manque d’inventivité. Ce Road Energy System en est la preuve.

Le principe réside dans une utilisation (un peu) similaire à celle d’un chauffe-eau solaire : un réseau de tuyaux en plastique souple est construit, et maintenu en place par un treillis sous l’asphalte.

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Le constat est ensuite simple. L’été, le bitume est brûlant, de par le soleil qui chauffe, et aussi par le passage des voitures et camions. Cette énergie est alors emmagasinée dans de l’eau pompée en profondeur dans des aquifères (entre 80 et 200m de profondeur), en la faisant passer dans les tuyaux sous l’asphalte.

L’eau « chaude » est ensuite re-plongée en profondeur dans un second réservoir (dit « réservoir chaud »), pour la garder à une température proche de 24°C. Ce stockage peut durer plusieurs mois, sur le principe de la géothermie. L’hiver, lorsque le besoin s’en fait sentir, cette eau chaude va ensuite alimenter les logements ou autres bureaux pour leur procurer un chauffage gratuit !

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Il est ainsi étonnant de se rendre compte que 200m de route et un petit parking peuvent à eux seuls chauffer un immeuble de 70 logements !  Par ailleurs, cette eau chaude peut aussi servir l’hiver à limiter la formation de gel et de glace sur les routes.

L’entreprise Ooms Avenhorn Holding, qui a conçu ce système, travaille depuis 1997 à son perfectionnement. Un premier test grandeur nature a ainsi eu lieu entre 1997 et 2001. Depuis lors, il a été installé sur de nombreux projets allant de résidences, à des parkings, des aéroports militaires, centres commerciaux, etc…

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Ces différents projets leur ont permis de modéliser certaines données. Ainsi, pour couvrir le besoin d’un immeuble de 10 000m² de surface, les besoins sont les suivants :

Surface de bitume d’environ 4000m² pour installer le réseau de tuyaux souples.
– Les besoins en stockage de ce type de dimensionnement nécessitent une capacité de pompage d’environ 110m.
– L’installation produit 55% de CO2 en moins qu’une installation classique de chauffage et climatisation du bâtiment
– L’installation nécéssite 55% d‘énergie fossile en moins.

Bien évidemment, ces chiffres sont l’image et le reflet d’un climat tel qu’il est aux Pays Bas ou en Belgique, là où ont été installés les premiers systèmes. Dans le sud de la France, il faudrait sans doute revoir ces chiffres. Cela dit, on pourrait penser qu’un tel système serait encore plus efficace, car les températures emmagasinées sont plus importantes l’été, et les besoins en chauffage plus faibles l’hiver !

++ Road Energy System

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