La querelle de l’éolien redémarre en France à l’occasion d’un projet d’implantation près du Mont Saint-Michel et d’amendements déposés au Sénat en faveur d’un durcissement du régime d’autorisation.
Professionnels du secteur et ONG « vertes » parmi lesquelles Greenpeace, le WWF ou France Nature Environnement (FNE), se sont déclarés décidés à « resserrer les liens », jeudi devant la presse à Paris, estimant qu’un « vent mauvais » souffle sur les éoliennes.

L’annonce d’une manifestation d’anti-éoliens dans la Manche a mis le feu aux poudres. La fédération environnement durable (FED), la Fédération nationale des associations de sauvegarde des ensembles monumentaux (Fnassem) et plusieurs associations locales organisent samedi au Mont Saint-Michel une marche de protestation contre l’implantation d’éoliennes industrielles à proximité de ce « site historique parmi les plus visités au monde ».

« Nos adversaires ne sont pas sérieux », a lancé jeudi André Antolini, président du syndicat des énergies renouvelables (SER). « Le projet le plus proche se situe à 17 kilomètres du Mont Saint-Michel, tous les autres sont à plus de 20 km. A cette distance, les plus visibles ne dépasseront pas un demi centimètre » pour l’œil humain, a-t-il fait valoir.

Mais il y a plus: les pro-éolien s’inquiètent de plusieurs propositions d’amendements au projet de loi Grenelle 2 déposés au Sénat et qui devraient rendre plus contraignantes les règles d’implantation d’éoliennes. Ces amendements déposés par les sénateurs UMP Jean Bizet et Roland du Luart visent à soumettre les éoliennes au régime d’autorisation, des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et à durcir les règles de définition des zones de développement de l’éolien.

« Les ICPE, ce sont de grosses usines polluantes », caricature Alain Cabanes, élu de Saint-Agrève (Ardèche) et représentant du réseau Cléo. Pour les professionnels, l’implantation d’une éolienne est déjà un parcours d’obstacles en raison des nombreuses formalités administratives.

Le délai d’implantation d’un parc éolien, qui est actuellement d’environ sept ans, risque de s’allonger à 10 ou 12 ans, s’inquiète Didier Lenoir, président du comité de liaison énergies renouvelables (CLER). « On a déjà la législation la plus contraignante de la planète », renchérit André Antolini, affirmant que « la délivrance des permis de construire des éoliennes est en chute libre ». Et il dénonce « un courant anti-éolien porté par des personnalités très connues qui s’illustrent par ailleurs dans la littérature ». Une allusion à Valéry Giscard d’Estaing, auteur d’un livre suggérant une idylle entre la princesse Diana et lui-même, et héraut du combat contre le développement de l’énergie éolienne.

« Ce qui menace la France, ce n’est pas qu’on y mette trop d’éoliennes, c’est qu’on n’en mette pas assez », assène M. Antolini, en avertissant que l’objectif de 23% d’énergies renouvelables d’ici 2020 ne sera pas atteint sans l’éolien. La puissance installée du parc éolien français est de 4.000 mégawatts, ce qui place la France au quatrième rang européen derrière l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

L’objectif fixé dans le cadre du Grenelle de l’environnement est d’atteindre 25.000 MW en 2020. Selon le SER, environ 6000 nouvelles éoliennes devront venir s’ajouter aux quelque 2500 déjà installées pour atteindre cet objectif.

(AFP)

Crédits photo : http://www.theboxband.com

Posts similaires:

  • Le Mont St-Michel reprend le large
    Sujets traités > barrage, caractère maritime, Couesnon, fleuve, grand prix national de l’ingénierie, herbus, Mont Saint-Michel, tangue

  • Vade retro mosquitos
    Sujets traités > anti-moustique solaire, anti-moustiques solaire nature et découvertes, électricité, énergies renouvelables, EnR, photovoltaïque, solaire

  • Barrage au Mont-Saint-Michel
    Sujets traités > barrage, barrage du Couesnon, barrage Mont-Saint-Michel, hydraulique

Be Sociable, Share!